Paca: Renaud Muselier souhaite plus de démocratie participative, mais «n'innove pas assez»

PACA Renaud Muselier souhaite incorporer d’avantage de démocratie participative au sein des décisions de la région Paca…

Adrien Max

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Renaud Muselier lors de ses voeux à la presse à Marseille.
Renaud Muselier lors de ses voeux à la presse à Marseille. — Jean-Pierre GARUFI
  • Renaud Muselier souhaite incorporer d’avantage de démocratie participative au sein de la région Paca.
  • Il va mettre en place une plateforme Sudpolis, sur laquelle les citoyens sont invités à débattre sur différents sujets.
  • Il s’engage également à soumettre au vote des propositions faites par au moins 10 % des électeurs de la région.
  • Pour Marion Roth, spécialiste de la démocratie participative, ces propositions ne vont pas assez loin.

Renaud Muselier veut-il montrer l’exemple à Emmanuel Macron ? Lors de ses vœux à la presse, vendredi, le président de la région Paca a annoncé vouloir plus de démocratie participative au cœur des décisions de la région. Un enseignement tiré de la mobilisation des «  gilets jaunes ». « La distance s’est accrue entre les citoyens, les élus et les élites. Sa volonté de recentralisation est la première cause des " gilets jaunes " », considère-t-il.

Pour contrer cette défiance grandissante, Renaud Muselier va lancer une plateforme participative, Sudpolis, au cours du mois de février. « Il s’agit de différents outils permettant de donner la parole aux citoyens. Une plateforme participative sur notre site internet permettra dans un premier temps aux cinq millions d’habitants de s’exprimer sur les politiques mises en place, en amont et en aval. Nous les consulterons régulièrement par le biais de mails, de SMS ou via une application dédiée, sur des problématiques bien spécifiques. Nous pourrons le faire à l’échelle régionale ou à un niveau plus local », a détaillé Renaud Muselier.

Peu innovant

Pour aller encore plus loin que le débat, et toujours dans cette idée de démocratie participative, Renaud Muselier s’engage « à soumettre au vote des élus en Assemblée plénière si 10 % des électeurs de la région, à savoir environ 350 000 électeurs, nous soumettent un projet de délibération conforme aux compétences de la collectivité. »

Pour Marion Roth, directrice de Décider Ensemble, un think tank sur la démocratie participative, la création d’une plateforme participative n’a rien d’innovant. « L’Etat le fait déjà, les collectivités locales également. Mais l’échelle régionale est intéressante. En général c’est plutôt au niveau des communes, sur des sujets qui n’intéressent pas forcément les citoyens. Au niveau régional, il y a des sujets plus concernant comme les transports », considère-t-elle.

Effet d’annonce

Quant au projet de délibération porté par 10 % des électeurs, et soumis au vote en session plénière, aucune certitude que les « gilets jaunes » se reconnaissent dans cette proposition, selon Marion Roth. « Leur demande concerne plutôt un RIC CARL. C’est-à-dire un référendum d’initiative citoyenne, qui permet de modifier la constitution, qu’il soit abrogatoire, révocatoire et législatif. Je ne pense pas que Renaud Muselier soit prêt à instaurer une possibilité de révocation », estime-t-elle.

Pour elle, cette proposition relève surtout de l’effet d’annonce, « il y a quatre mois, personne n’en parlait », et la plateforme participative ne va pas assez loin. « Associer les citoyens à l’évaluation des politiques publiques est une bonne chose, mais l’associer à leur élaboration serait mieux », avance Marion Roth.

Si Renaud Muselier s’est emparé du sujet, reste à voir si les citoyens, et notamment les « gilets jaunes », en feront de même avec ces propositions.