Nord: Le maire de Grande-Synthe va instaurer un «minimum social garanti»

SOLIDARITÉ Damien Carême va présenter une délibération en ce sens lors du conseil municipal pour le vote du budget de sa commune…

Mikael Libert

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Le maire EELV de Grande-Synthe, Damien Carême.
Le maire EELV de Grande-Synthe, Damien Carême. — Sarah ALCALAY/SIPA
  • Le maire de Grande-Synthe va instaurer un « minimum social garanti ».
  • Il souhaite « éradiquer la pauvreté », estimée à 33% des foyers de la commune.
  • La mesure sera financée en grande partie grâce aux économies d’énergie.

Bonne année 2019 ! Dimanche, le maire écologiste de Grande-Synthe, Damien Carême, a présenté ses vœux à la population de sa commune. A la fin de son (long) discours, il a dévoilé son intention de mettre en place un « minimum social garanti » pour «  éradiquer la pauvreté à Grande-Synthe ».

« Cela existait dans le début des années 1980 »

C’est une décision politique et financière forte que l’élu EELV a dévoilée, dimanche matin, devant ses concitoyens. Candidat à l’expérimentation du revenu de base, le maire de Grande-Synthe a décidé de ne pas attendre en proposant une mesure « maison » : « mettre en place à Grande-Synthe, un Minimum Social Garanti, comme cela existait dans le début des années 1980 dans cette ville », a déclaré Damien Carême.

Selon l’écologiste, ce sont 33 % des foyers de la municipalité qui vivent sous le seuil de pauvreté : « Je veux éradiquer la pauvreté à Grande-Synthe, elle est insupportable aujourd’hui », a-t-il martelé. Alors, pour tâcher de remédier à ce problème, il va proposer des aides alimentaires, des aides aux transports, des aides à l’énergie pour les foyers les plus précaires.

Financé grâce aux économies d’énergie

Pour financer cette mesure, dont le coût est estimé entre un et un million et demi, Damien Carême ne compte pas demander l’aide de l’Etat : « Nous redistribuerons finalement la richesse qui nous provient des entreprises de la ville pour aller vers plus d’équité », précise-t-il. L’élu compte aussi utiliser l’argent économisé sur les dépenses d’énergie.

Et là encore, il détaille en donnant des chiffres. En passant aux leds pour l’éclairage public et celui du stade, entre consommation énergétique et maintenance, la commune va économiser près de 500.000 euros annuels. La rénovation énergétique de la polyclinique, elle, va permettre de dégager des économies de l’ordre de 200.000 euros par an. L’autre projet qui pourrait rapporter gros, c’est la récupération de la chaleur produite par l’usine Arcelor pour la réinjecter dans les bâtiments publics et les logements sociaux. « Là encore, l’économie financière pour la commune est estimée à ce jour à 250 000 euros par an », se félicite le maire.

Damien Carême s’est engagé à maintenir cette mesure « jusqu’à ce que l’Etat décide, et il sera très vite amené à le faire je pense, de mettre en œuvre le revenu de base », a-t-il promis.