VIDEO. Bretagne: En recherchant «La Cordelière», les archéologues découvrent une épave mystérieuse

HISTOIRE Fleuron de la flotte bretonne, le navire a coulé en 1512 au large des côtes du Finistère lors d’une bataille contre les Anglais...

Jérôme Gicquel

— 

En cherchant "La Cordelière" au large de Brest, les archéologues ont découvert une épave mystérieuse.
En cherchant "La Cordelière" au large de Brest, les archéologues ont découvert une épave mystérieuse. — Drassm

Plus de 500 ans après son naufrage, on est toujours sans nouvelle de La Cordelière. Le navire de guerre breton avait sombré au large de Brest en 1512 lors d’une bataille épique contre les troupes anglaises. Son adversaire britannique, le Regent, avait également coulé lors de cet affrontement qui avait duré plusieurs heures. « Les deux bateaux, chargés de munitions, ont fini par exploser avant de couler avec près de 2.000 hommes à bord », indique l’archéologue Michel L’Hour, directeur du département des recherches archéologiques subaquatiques et sous-marines (Drassm).

Pour tenter de retrouver les deux épaves, une campagne de prospection sous-marine a été menée cet été près de l’entrée du goulet de Brest dans un périmètre de 5 km². Malheureusement pour les chercheurs, ils n’ont trouvé aucune trace de La Cordelière ou du Regent. Pas de quoi pour autant plomber le moral des troupes. « Peut-être qu’on ne trouvera rien la première fois. Mais on finira un jour par retrouver ces épaves, même si c’est dans trois siècles ! », avait d’ailleurs prévenu Michel L’Hour avant le lancement de la première campagne.

L'épave découverte demeure un mystère

Et comme les fouilles archéologiques révèlent toujours des trésors, c’est un autre navire gisant au fond de la mer qui a été découvert. «C’est un navire en bois qui présente les mêmes particularités architecturales que ceux que nous cherchions. Mais ce n’est ni La Cordelière ni le Regent», indique Michel L’Hour.

Pour l’heure, on sait encore peu de chose sur ce navire, rebaptisé Sud Minou 1, en référence à la zone où il a été retrouvé. «Il pourrait dater de la période entre le XIVe et le XVIe siècle. Mais ce n’était pas un navire de guerre car nous n’avons pas trouvé trace d’artillerie. Peut-être que c’était un navire marchand», s’interroge Michel L’Hour.

De nouvelles recherches menées cet été

A l’intérieur de l’épave, les chercheurs ont découvert une dizaine d’ancres ainsi que des poteries et une pièce énigmatique. « Un véritable ovni dont nous n’avons toujours pas réussi à déterminer la provenance », précise le directeur du Drassm.

Cet été, une expertise robotisée de l’épave du Sud Minou 1 sera menée pour tenter d’en percer les mystères. Parallèlement, une seconde campagne de fouilles aura lieu pour retrouver la trace de la Cordelière et du Regent. « 2019 nous offre des perspectives enthousiasmantes avec encore plein de choses à découvrir », assure Anne Gallo, vice-présidente de la région Bretagne chargée du patrimoine.