VIDEO. «Gilets jaunes»: Un appel à retirer son argent des banques pour «faire peur à cet État en toute légalité»

ACTION L’objectif est simple : créer un « bank run », ou « panique bancaire » pour bloquer l’économie du pays...

Manon Aublanc

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Illustration de l'acte 8 des gilets jaunes, ici le 5 janvier 2019 à Paris.
Illustration de l'acte 8 des gilets jaunes, ici le 5 janvier 2019 à Paris. — Lionel Urman / SIPA

Pour « faire peur » au gouvernement, en « toute légalité et sans la moindre violence », plusieurs « gilets jaunes », dont l’une des figures du mouvement, Maxime Nicolle, appellent les manifestants à retirer leur argent des banques, ce samedi, lors de « l’acte 9 » de la mobilisation.

Depuis plusieurs jours, les appels à « faire vaciller » le gouvernement en retirant massivement et simultanément de l’argent des banques se multiplient sur les réseaux sociaux. L’objectif est simple : créer un « bank run », ou « panique bancaire » pour bloquer l’économie du pays.

« Faire peur » aux élus avec une « efficacité encore jamais atteinte »

Une démarche relayée par Maxime Nicolle, alias Fly Rider, qui a appelé à « un référendum du percepteur » pour « retourner aux urnes, par les distributeurs », lors d’un direct sur sa page Facebook, ce lundi. « Beaucoup de gens vont retirer leur argent des banques. Beaucoup, beaucoup, beaucoup », a-t-il prévenu. « Pour l’Acte IX, nous allons faire peur à cet Etat en toute légalité et sans la moindre violence », a annoncé, de son côté, un certain Tahz San sur sa page Facebook.

Dans une vidéo publiée le 6 janvier, l’homme estime qu’il est « temps d’élargir le champ (d') actions » face à la « surdité » du gouvernement, ajoutant que cette démarche pourrait « faire peur » aux élus, avec une « efficacité encore jamais atteinte depuis le début du mouvement ».

Un manque de liquidités en cas de retraits massifs

Selon lui, il s’agira du « référendum le plus direct qui puisse exister, qui ne comptabilisera non pas combien nous sommes, mais combien nous leurs avons fait perdre. Et ce sera colossal ». « Nous savons tous que les pouvoirs du pays ne sont pas entre les mains du gouvernement mais dans celles des banques. Si les banques faiblissent, l’Etat faiblit aussitôt. […] Samedi nous allons tous voter en retirant notre argent pour lui imposer le RIC en urgence », a-t-il poursuivi.

En cas de retraits massifs, suivis par l’ensemble de la population, les établissements bancaires n’auraient pas assez de liquidités pour répondre à toutes les demandes, ce qui entraînerait un « bank run ». Mais les banques ne devraient pas en arriver là, samedi, selon Les Décodeurs : « Si, par exemple, 1 million de personnes retiraient 3.000 euros de leur compte en banque, cela ne représenterait somme toute que l’équivalent d’une semaine de retraits bancaires moyens », avancent nos confrères qui se sont basés sur des données de la Banque centrale européenne.