Calvados: Les sauveteurs en mer normands s'insurgent contre la cagnotte de soutien à Christophe Dettinger

APPEL A L'AIDE Après avoir lancé un appel à l’aide, la cagnotte des sauveteurs est passée de 500 à 5.000 euros en deux jours…

Manon Aublanc

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Un sauveteur de la SNSM en intervention à Calais.
Un sauveteur de la SNSM en intervention à Calais. — D.CHARLET / AFP

« Il n’y a rien qui vous choque ? » Alors que la cagnotte lancée par les sauveteurs en mer de Port-en-Bessin​ (Calvados) pour financer l’achat d’un nouveau bateau n’a récolté que 500 euros, celle en soutien à l'ex-boxeur Christophe Dettinger, soupçonné d’avoir frappé deux gendarmes lors de l’acte 8 des « gilets jaunes », a réuni 117.000 euros, en seulement deux jours, rapporte France Bleu Normandie, ce mercredi.

« 120 000 € !!! C’est aberrant ! Nous avons lancé un financement participatif pour renouveler notre vedette de SAUVETAGE et n’avons, depuis juillet, récolté que 500 € !! Il n’y a rien qui vous choque ? », se sont interrogés les sauveteurs de la Société nationale de sauvetage en mer (SNSM) de Port-en-Bessin (Calvados), mardi, sur leur page Facebook.

En deux jours, la cagnotte a été multipliée par dix

En juillet dernier, les sauveteurs normands ont lancé sur cagnotte sur Internet pour renouveler leur vedette. Si le remplacement de ce bateau est évalué 225.000 euros, les sauveteurs n’avaient récolté que 500 euros. « Où sont les priorités des citoyens ? », avaient-ils demandé sur leur page Facebook.

Un appel à l’aide qui a visiblement porté ses fruits. En deux jours, la cagnotte a été multipliée par dix, atteignant, ce jeudi midi, près de 5.000 euros. Il reste encore du chemin à faire, puisque la nouvelle vedette coûte 900.000 euros (la SNSM nationale et la cagnotte financeraient un quart, la région et le département du Calvados, l’autre moitié).

Les sauveteurs en mer bénévoles et financés à 80 % par les dons

Ce nouveau bateau, plus gros et plus puissant que leur vedette actuelle, permettrait aux sauveteurs d’intervenir, même en cas de mauvais temps. En février 2018, lors du naufrage du chalutier l'Essor, le navire de la SNSM n’avait pas pu sauver l’équipage et avait même failli chavirer.

Il a fallu qu'un second chalutier intervienne pour éviter le drame. « Tout le monde est resté très marqué », a expliqué Stéven Gérard, le patron des sauveteurs de Port-en-Bessin, à France Bleu Normandie, rappelant que les sauveteurs en mer sont bénévoles et sont financés à 80 % par les dons.