«Gilets jaunes»: Face aux menaces et violences, les députés LREM contre-attaquent

VIOLENCES Le parti estime qu'«une cinquantaine» de ses députés ont été victimes d'actions malveillantes...

20 Minutes avec AFP

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Le mur érigé en pleine nuit à l'entrée du domicile de la députée Patricia Gallerneau.
Le mur érigé en pleine nuit à l'entrée du domicile de la députée Patricia Gallerneau. — Patricia Gallerneau/Facebook

Confrontés à une escalade dans les menaces et violences, les députés LREM passent à la contre-attaque, contre les auteurs, mais aussi contre une partie de l’opposition, accusée de jeter de l’huile sur le feu dans la crise des « gilets jaunes ». Lettres d’insultes, permanences vandalisées et même intrusions à leur domicile ou menaces de mort. « Une cinquantaine » de députés marcheurs, selon un décompte provisoire du groupe LREM, ont été victimes d’actions malveillantes.

Depuis le début de l’année, avec notamment la lettre raciste menaçant d’une « balle dans la tête » le député Jean-François Mbaye, ou celles qui injurient la porte-parole des députés LREM Aurore Bergé, ou sa collègue Marie Lebec, menacées d’être « décapitée ou pendue », « on assiste à une recrudescence de cette violence, de ces menaces de mort, on a des actes violents exécutés », s’est inquiétée mercredi sur Sud Radio la députée de Paris Laetitia Avia.

Elle a porté plainte avec ses collègues Jean-François Mbaye et Hervé Berville contre le courrier raciste qui les mentionnait tous les trois. « Il faut absolument que ces personnes soient trouvées, sanctionnées et qu’elles comprennent qu’on ne peut pas menacer impunément un autre citoyen », explique-t-elle.

« Pire que celui qui tabasse, il y a ceux qui arment les esprits »

Mais au-delà de ces dépôts de plainte désormais systématiques, la République en marche hausse le ton et déplace la focale sur les « apprentis sorciers » de l’opposition. « Ca suffit », s’est indigné mercredi le président du groupe Gilles Le Gendre dans une tribune dans le Monde où il appelle à « respecter la République et ses élus ».

Il s’en prend notamment au Rassemblement national et à la France insoumise dont le « silence assourdissant (…) trahit la concurrence que se livrent l’extrême droite et l’extrême gauche pour récupérer le chaos à leur profit, quand elles ne l’encouragent pas ».

Aurore Bergé va plus loin. Outre le dépôt d’une plainte contre les auteurs du courrier injurieux, elle a annoncé mercredi qu’elle allait signaler à la justice les propos de deux cadres de LFI incitant à la violence. « On a des propos qui aujourd’hui clairement invitent à commettre des délits ou des crimes », a expliqué sur France 2 la députée dont le domicile a été placé sous protection suite à des menaces. « Il y a pire que celui qui menace, que celui qui tabasse, que celui qui intimide, il y a ceux qui arment les esprits pour légitimer ces violences dans notre pays », a dénoncé la députée des Yvelines.

Cible aussi de ses reproches, Jean-Luc Mélenchon, qui selon elle, « depuis des mois se félicite et se gargarise de ces violences ». « Quand a-t-il condamné les menaces contre les élus de la République en marche ? Quand a-t-il condamné les violences contre les journalistes ? Quand a-t-il condamné les violences contre les forces de l’ordre ? », a-t-elle demandé.

« Plusieurs des gens qui m’insultaient l’ont fait sans pseudo »

Mais le ton volontiers offensif en public ne doit pas masquer l’inquiétude et le désarroi qu’expriment aussi à bas mots les députés LREM, novices pour nombre d’entre eux en politique, et qui ne s’attendaient pas à ces attaques qui touchent leur personne ou leur famille.

« A quoi servent le dialogue, la communication, mes réceptions jamais refusées de "gilets jaunes", s’ils viennent en douce de nuit, murer le domicile d’une famille », a réagi sur Facebook la députée de Vendée Patricia Gallerneau (LREM-MoDem) après avoir découvert un mur de parpaings devant sa maison.

« Je suis effarée de ce climat de mise en cause systématique des élus, de violences, d’insultes antisémites et homophobes, de manière totalement décomplexée », avoue, « très inquiète », la députée de Paris Elise Fajgeles qui a déposé plainte en décembre après avoir reçu un flot d’insultes, notamment antisémites, pour avoir reconnu à la télé ne pas connaître le montant du Smic. « Le policier qui a reçu ma plainte était très étonné de voir que plusieurs des gens qui m’insultaient l’ont fait sans pseudo », souligne-t-elle.

Dans le Jura, sa collègue Danielle Brulebois a carrément décidé d’annuler sa cérémonie de vœux car des « gilets jaunes » avaient l’intention de s’y inviter, après avoir été informée par le préfet d’un « contexte problématique ». « Je ne voulais pas prendre le moindre risque pour la sécurité de mes invités », a-t-elle expliqué à l’AFP. « C’est une minorité qui est devenue violente », juge-t-elle, soulignant qu’elle a reçu « plusieurs délégations de "gilets jaunes" avec lesquels cela s’est bien passé ».