Dans une cantine scolaire à Marseille.
Dans une cantine scolaire à Marseille. — P. MAGNIEN / 20 MINUTES

MOBILISATION

Grève dans les cantines à Marseille: «On ne la fait pas pour emmerder», la CGT veut convaincre les parents

En grève depuis un mois, la CGT a décidé d’organiser une réunion avec les parents d’élèves pour expliquer les raisons du mouvement qui bloque les cantines…

  • Une grève touche les cantines scolaires de Marseille depuis un mois.
  • La CGT organise un débat avec les parents pour répondre aux questions et les convaincre du bien-fondé du mouvement.

A Marseille, depuis un mois, les écoles sont touchées par une grève dans les cantines scolaires. « Ras-le-bol », s’agace une maman d’élève internaute de 20 Minutes. A Marseille, ce type de mouvement arrive en effet régulièrement, contraignant les parents d’élèves​ à s’organiser.

Le mouvement de grève des « tatas », comme on appelle le personnel municipal des écoles à Marseille, a été lancé début décembre par la CGT, notamment contre le sous-effectif et pour les rémunérations. En réplique, la mairie a décidé en début de semaine de réquisitionner les agents grévistes afin d’assurer « une continuité du service public ».

« On n’a pas peur d’affronter les parents »

Mais dans un souci de « mettre fin à la polémique » selon ses propres termes, la CGT organise ce jeudi un débat sur le bien-fondé de ce mouvement, auxquels elle convie professeurs et parents d’élèves. Le rendez-vous est donné à 17h30 à la Bourse du travail.

Une initiative plutôt inédite qu’assume totalement Françoise Risterucci de la CGT des territoriaux de la ville de Marseille. « On veut être transparent, car beaucoup de choses ont été dites sur nous, explique-t-elle. Il y a eu plein d’informations fausses données par la mairie pour noyer le poisson. On n’a pas peur d’affronter les parents. On veut qu’il n’y ait plus aucune mère ou aucun père dans la méconnaissance. Il est important de leur expliquer en quoi notre démarche est importante. »

« Pas envie d’être maltraitants »

Et d’ajouter : « Le matin, les parents déposent leurs enfants devant la grille en toute sérénité. Avec cette réunion, on veut faire connaître aux parents le quotidien de leurs enfants. Si votre enfant pleure à la cantine car la viande servie est déjà froide, c’est normal. Quand un petit a envie de faire pipi, on est obligé de lui dire de se retenir. Sans compter les histoires de champignon ou de légionellose dans les cantines ! »

La réunion a un autre objectif : obtenir davantage de soutien. « Une fois informés, après les parents feront ce qu’ils veulent. Peut-être vont-ils envoyer un mail à la mairie… Nous, on ne fait pas grève pour emmerder le monde. Mais en tant que professionnel de la petite enfance, on n’a pas envie d’être maltraitant avec les enfants. »

« Trop, c’est trop »

Un appel qu’entendent plusieurs parents d’élèves, à l’image de Séverine, internaute de 20 Minutes. « Le problème reste le même : toujours plus d’enfants sans un personnel suffisant avec un salaire déplorable. Trop, c’est trop… ». « Nous serons présents et nous avons averti nos adhérents de cette réunion, précise Séverine Gil, présidente du mouvement des parents d’élève du 13 (MPE13). On aimerait savoir combien de personnes s’occupent réellement à plein temps de nos enfants toute la journée. »

Et d’ajouter : « Certains parents risquent d’être virulents. Mais ne faisons pas ce que veut la mairie, à savoir nous monter les uns contre les autres. L’exaspération ne doit pas prendre le dessus sur la réflexion. » Un nouveau préavis de grève a été déposé par la CGT jusqu’aux prochaines vacances scolaires.