Bouches-du-Rhône: «L’année a été difficile du point de vue des règlements de comptes», souligne le préfet

BILAN Le préfet de police des Bouches-du-Rhône a tiré un premier bilan chiffré de l’année 2018 lors de ses vœux. Il est revenu également sur la sécurité routière, la lutte contre la radicalisation…

Adrien Max

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Le préfet de police des Bouches-du-Rhône, Olivier de Mazières.
Le préfet de police des Bouches-du-Rhône, Olivier de Mazières. — Adrien Max / 20 Minutes
  • Les chiffres les plus attendus, ceux de la criminalité, restent pour le moment sous embargo du ministère de l’Intérieur.
  • Le préfet a notamment insisté sur la mise en place de la police de sécurité du quotidien lors de ses vœux. Si l’accent a été mis sur les 3e, 14e et le 15e arrondissements, le centre-ville verra apparaître le même dispositif en 2019.

Les chiffres les plus attendus, ceux de la criminalité, restent pour le moment sous embargo du ministère de l'intérieur. Lors de ses vœux à la presse ce mardi matin à Marseille, le préfet de police des Bouches-du-Rhône, Olivier de Mazières, en a profité pour tirer un bilan de l’année 2018 en termes de sécurité du quotidien, de criminalité, de sécurité routière et, forcément, de maintien de l’ordre.

Il a notamment insisté sur la sécurité du quotidien, l’un de ses plus vastes chantiers de 2018. « Pas moins de 355 conseils de sécurité ont eu lieu dans le département depuis le 11 mai dernier, et 212 rien qu’à Marseille. Ils permettent un “filet de sécurité” grâce à la mise en place d’un réseau au plus près des élus, ainsi qu’un décloisonnement de l’info, qui concerne également la lutte contre la radicalisation et la criminalité », a détaillé Olivier de Mazières. Si l’accent a été mis sur les 3e, 14e et le 15e arrondissements, le centre-ville verra apparaître le même dispositif en 2019.

« L’année a été difficile du point de vue des règlements de comptes »

Quant aux chiffres de la criminalité, toujours scrutés très précisément dans le département des Bouches-du-Rhône, ceux-ci seront communiqués dans le détail par le ministère de l’intérieur début février, selon le préfet de police. « Je peux néanmoins vous dire que 60 réseaux ont été démantelés sur les onze premiers mois de l’année, ce qui est déjà supérieur à 2017. L’année a été difficile du point de vue des règlements de comptes, avec 23 décès dans 21 règlements de compte », a-t-il annoncé.

L’année 2017 avait été marquée par une baisse sensible de ces homicides, avec 14 décès dans 13 règlements de compte, alors que l’année 2016 détenait un record avec 24 morts dans 26 règlements de comptes. « Nous sommes donc dans la moyenne. On ne peut pas s’en satisfaire mais nos actions déstabilisent les réseaux, ce qui créé de nouvelles rivalités », considère Olivier de Mazières.

Moins de 100 morts sur les routes

La lutte contre la radicalisation a également été une priorité pour la préfecture de police des Bouches-du-Rhône, avec l’expulsion de l’imam El Hadi Doudi, imam salafiste de la mosquée As Souna, dans le 3e arrondissement. « Nous avons procédé à l’expulsion de 17 personnes fichées S en 2018, contre sept en 2017 », a détaillé le préfet de police. Entre 500 et 600 personnes sont suivies pour radicalisation dans les Bouches-du-Rhône, tandis que les cellules municipales d’échange sur la radicalisation vont se multiplier en 2019.

Concernant la sécurité routière, « 2018 est l’année la plus favorable depuis le suivi statistique. » Pour la première fois, le nombre de mort sur les routes du département se situe en dessous des 100, 99 décès précisément. « Les Bouches-du-Rhône étaient historiquement le département le plus accidentogène en valeur absolue, j’espère que nous descendrons du podium », s’est-il félicité.

Maintien de l’ordre et lutte contre les outrages sexistes

Enfin, actualité oblige, le préfet de police Olivier de Mazières a tenu à rendre hommage aux forces de l’ordre mobilisées pour le maintien de l’ordre lors des manifestations à la suite du drame de la rue d’Aubagne, puis des « gilets jaunes ». « Les forces de l’ordre ont été sollicitées de manière considérable. Ils ont toujours fait preuve de retenue tout en faisant une juste appréciation de l’utilisation de la force, malgré de nombreuses provocations », a-t-il tenu à souligner. Une vieille dame est pourtant décédée d’un choc opératoire, après avoir reçu une capsule lacrymogène alors qu’elle fermait sa fenêtre à proximité de la Canebière, en décembre dernier.

L’année 2019 devrait être consacrée au harcèlement de rue, pénalement appelé « outrage sexiste ». « A partir de février je vais former policiers et gendarmes afin de répondre à cette problématique et mettre en application la loi Schiappa. Environ 200 personnes seront formées », a annoncé Olivier de Mazières. Rendez-vous en février pour connaître plus en détail les chiffres de la criminalité dans les Bouches-du-Rhône.