VIDEO. Attentat dans l'Aude: «Arnaud Beltrame a pris ses responsabilités », estiment ses deux frères

HOMMAGE En échangeant sa place avec une otage et en négociant avec le terroriste, Arnaud Beltrame « a pris ses responsabilités », estiment ses deux frères... 

Manon Aublanc

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Le lieutenant-colonel Arnaud Beltrame, ici en 2013, est mort des suites de ses blessures après avoir pris la place d'otages dans un supermarché de l'Aude.
Le lieutenant-colonel Arnaud Beltrame, ici en 2013, est mort des suites de ses blessures après avoir pris la place d'otages dans un supermarché de l'Aude. — AP/SIPA

Dix mois après le décès du lieutenant-colonel Arnaud Beltrame, mort dans l’attentat de Trèbes en mars 2018, ses deux frères, Cédric et Damien Beltrame publient Au nom du frère, un livre d’hommage « fraternel ».

Le 23 mars 2018, lors de la prise d’otage dans le Super U de Trèbes, le lieutenant-colonel avait pris la place d’une otage et tenté de négocier avec le terroriste, avant de finalement lancer l’assaut et d’être blessé. L’homme de 44 ans décédera de ses blessures quelques heures plus tard. Mais pour ses deux frères, Arnaud Beltrame « a pris ses responsabilités », lors de l’attentat, ont-ils expliqué, ce mardi, au micro de RTL.

Un « hommage fraternel à un vivant »

Mais les deux frères sont clairs, le geste d’Arnaud Beltrame, de prendre la place d’un otage, n’est pas un sacrifice : « Un sacrifice cela sous-entend que l’on sait ce qui nous attend et je ne pense pas qu’Arnaud savait ce qui l’attendait. Il connaissait les risques et il savait qu’il avait à faire, à un fou dangereux, qui avait déjà goûté au sang », a expliqué Damien, l’un de ses deux frères sur RTL.

« Ce n’était pas un sacrifice pour la bonne raison qu’on limite Arnaud à un geste », a-t-il ajouté, indiquant que le livre est un « hommage fraternel à un vivant ».

« C’est lui qui a été le moteur de sa propre destinée. Il a pris ses responsabilités »

« Son geste n’est pas simplement d’avoir échangé sa place avec un otage. Son geste, c’est d’avoir suivi le peloton du Psig (peloton de surveillance et d’intervention de la gendarmerie) à l’entrée, d’avoir parlé avec le terroriste, d’avoir échangé sa place, d’avoir été en huis clos avec le terroriste pendant deux heures, d’être sorti, d’avoir négocié avec le GIGN, puis d’avoir attaqué le terroriste. Donc, tout ça était dans une logique, une sorte de processus », a-t-il ajouté.

Au moment de l’assaut, « il s’est dit : 'C’est maintenant ou jamais. Je n’ai pas envie de me faire abattre comme un chien. Je vais tenter ma chance'. Il a pris les devants. C’est lui qui a été le moteur de sa propre destinée. Il a pris ses responsabilités », a estimé Damien.