Guy Charmot, doyen des Compagnons de la Libération, est décédé à 104 ans

DISPARITION Il ne reste désormais plus que quatre Compagnons de la Libération encore en vie...

L.Gam. avec AFP

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La médaille d'un vétéran des «Compagnons de la Libération» lors d'une cérémonie à Suresnes en 2009.
La médaille d'un vétéran des «Compagnons de la Libération» lors d'une cérémonie à Suresnes en 2009. — CHARLES PLATIAU / POOL / AFP

Le doyen des Compagnons de la Libération, Guy Charmot, est décédé lundi à l’âge de 104 ans, ne laissant derrière lui que quatre de ces résistants de la première heure de la Deuxième guerre mondiale encore vivants, a annoncé l’Elysée.  Emmanuel Macron a salué « avec émotion la mémoire d’un homme qui s’est engagé avec un courage et une abnégation exceptionnels pour la liberté et l’honneur de la France », a indiqué l’Elysée.

Né le 9 octobre 1914, le professeur Guy Charmot est décédé lundi matin à Marseille, a précisé l’Ordre de la Libération. Après sa disparition, il ne reste que quatre Compagnons de la Libération encore en vie, sur les 1.038 qui avaient été distingués pour leur engagement au sein de la France libre pendant l’Occupation allemande.

Profession médecin

Né à Toulon dans une famille de fonctionnaires, Guy Charmot a ressenti jeune un attrait pour l’Outremer. Il est médecin militaire en Haute Volta lorsque, en septembre 1940, il rallie au Cameroun les Forces françaises libres (FFL) du général de Gaulle. Médecin du bataillon de marche numéro 4, il participe aux combats en Syrie, en Ethiopie, en Libye, en Tunisie, en Italie puis en Provence.

Il « se distingue particulièrement au cours des combats des 17 au 20 mai 1944 en Italie, poussant au plus loin ses postes de secours et sauvant ainsi plusieurs de ses camarades de combat par la rapidité de ses interventions sur la ligne de feu », souligne le site des Compagnons de la Libération. Guy Charmot débarque en Provence avec la 1ère Division Française Libre en août 1944 avant d’être blessé lors des combats pour la libération de Toulon. Ce qui ne l’empêche pas de participer à la campagne de France jusqu’en 1945.

Après la guerre, il devient médecin des Hôpitaux d’Outre-mer et professeur du Service de santé des armées, effectuant de nombreux séjours en Afrique jusqu’en 1965. Spécialiste de la recherche en médecine tropicale, il démissionne avec le grade de médecin-colonel et entre au service de Recherches thérapeutiques de Rhône-Poulenc. Professeur à l’Institut de médecine et d’épidémiologie africaine, il préside la Société de Pathologie exotique puis est élu, en 1994, membre de l’Académie des Sciences d’Outremer.

Ses obsèques vendredi à Marseille

Les quatre derniers Compagnons de la Libération encore en vie - Daniel Cordier, Hubert Germain, Pierre Simonet et Edgard Tupët-Thomé - sont âgés d’au moins 96 ans. Il est prévu que le dernier d’entre eux qui décédera sera inhumé au Mont-Valérien, à Suresnes (Hauts-de-Seine). Ce site a été le principal lieu d’exécution de résistants et d’otages par l’armée allemande durant la Seconde guerre mondiale avant que Charles de Gaulle y inaugure le Mémorial de la France combattante.

Les obsèques de Guy Charmot se tiendront vendredi à Marseille, où les honneurs funèbres militaires lui seront rendus, selon l’Ordre de la Libération.