Frais universitaires: Des personnalités mobilisées contre la hausse pour les non-Européens

ARGENT Les signataires estiment que l’augmentation des frais « menace d’abord les étudiants les moins fortunés » car « la plupart d’entre eux ne peuvent absolument pas se permettre de payer ces droits »…

20 Minutes avec agences

— 

L'ex footballeur Lilian Thuram fait partie des signataires.
L'ex footballeur Lilian Thuram fait partie des signataires. — IBO/SIPA

Des personnalités ont signé une tribune publiée ce dimanche dans le JDD contre l’augmentation des frais universitaires pour les non-Européens. « C’est un mur de l’argent que le gouvernement est en train de construire contre les étudiants étrangers » déplorent ainsi les signataires.

Parmi eux figurent notamment les actrices Isabelle Adjani et Juliette Binoche, le réalisateur Cédric Klapisch, l’écrivain Laurent Binet, l’ex-footballeur Lilian Thuram ou encore l’économiste Thomas Piketty.

De 243 à 3.770 euros en master

Le gouvernement a annoncé en novembre qu’il allait très fortement augmenter les frais d’inscription pour les étudiants hors Union Européenne. Ils passeront de 170 à 2.770 euros en licence, et de 243 à 3.770 euros en master à la rentrée 2019, soit « un tiers du coût réel » de leur scolarité pour les finances publiques.

Cette augmentation « menace d’abord les étudiants les moins fortunés », car « la plupart d’entre eux ne peuvent absolument pas se permettre de payer ces droits », critiquent les signataires. « C’est donc tout simplement à leur rêve d’étudier en France que cette mesure met fin ». Les auteurs de la tribune résument ainsi la stratégie du gouvernement : « étudiants pauvres, dehors ».

Ne pas « se mettre à la remorque des modèles anglo-saxons »

Ils demandent « le retrait de cette mesure et l’ouverture d’un débat national sur le financement des universités » et appellent à ne pas « se mettre à la remorque des modèles anglo-saxons d’université payante ».

« Si la France est le quatrième pays d’accueil des étudiants internationaux, c’est précisément parce qu’elle est la championne mondiale d’un autre modèle, dont nous pouvons être fiers : celui d’un pays qui considère que le savoir n’est pas un service comme un autre », estiment-ils.

Quatrième destination mondiale

La France est en effet le premier pays d’accueil non anglophone et la quatrième destination mondiale pour les étudiants internationaux, après avoir perdu sa troisième place ces dernières années au profit de l’Australie.

Elle ambitionne de porter d’ici 2027 à 500.000 le nombre d’étudiants étrangers qu’elle accueille chaque année, contre un peu plus de 300.000 actuellement, selon le gouvernement. Malgré une remontée depuis 2016, le nombre d’étudiants étrangers a baissé de 8 % entre 2010 et 2015.