«Gilets jaunes»: Plusieurs centaines de femmes manifestent en France

MOBILISATION « En faisant cette première manifestation de femmes, on voulait avoir un autre canal de communication que la violence », explique une « gilet jaune » défilant à Paris….

20 Minutes avec AFP

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Des centaines de femmes
Des centaines de femmes — BERTRAND GUAY / AFP

Des centaines de femmes «gilets jaunes» se sont rassemblées ce dimanche dans plusieurs villes. Elles souhaitaient ainsi donner une image pacifique du mouvement au lendemain d' une mobilisation nationale marquée par de nouvelles violences.

Bonnet phrygien sur la tête, ballon jaune à la main, des femmes ont chanté la Marseillaise sur les marches de l’opéra Bastille à Paris. Elles ont encerclé la place, perturbant la circulation, avant de manifester dans les rues de la capitale. De source policière, « entre 300 et 500 personnes » ont participé à ce défilé, qui s’est terminé en milieu d’après-midi.

Une manifestation qui n’est « pas féministe »

« En faisant cette première manifestation de femmes, on voulait avoir un autre canal de communication que la violence, car tout ce qui émerge du mouvement dans les médias ce sont les actes de violence et on oublie le fond du problème », a déclaré à l’AFP Karen, une infirmière de 42 ans venue de Marseille, une des fondatrices du groupe Facebook «Femmes gilets jaunes». « Cette manifestation n’est pas féministe mais destinée à donner une image inédite au mouvement », a-t-elle ajouté.

A Toulouse, environ 300 femmes ont manifesté dans le calme, derrière une grande banderole noire sur laquelle on pouvait lire : « Précarisées, discriminées, révoltées, Femmes en première ligne ». « Macron t’es foutu, les gonzesses sont dans la rue », ont-elles scandé, encadrées par une présence policière discrète.

Elles étaient une centaine à manifester dans le centre de Rennes, dont Juliette, 32 ans, venue avec son bébé. « Je suis sensible à la question des violences policières », a-t-elle dit, affirmant avoir « passé une nuit en garde à vue sans raison, de façon abusive » le 8 décembre à Rennes.

A Caen, théâtre de scènes de violences samedi, une centaine de femmes accompagnées parfois de leurs enfants sont parties de la place de la mairie pour défiler dans les rues aux cris de « Les femmes avec nous », « CRS avant de gazer, accouchez ».

Pacifisme

« Le gouvernement veut nous faire passer pour des casseurs, mais aujourd’hui nous sommes des mères, des grands-mères, nous sommes les filles, les sœurs de tous les citoyens, et nous voulons dire que (…) notre colère est légitime. C’est lors des crises sociales que les droits des femmes sont le plus en danger », a déclaré Chloé Tessier, 28 ans, professeure d’équitation.

A Lyon, la manifestation a réuni une centaine de femmes comme à Saint-Etienne, où le rassemblement s’est fait dans le silence « en mémoire des victimes », ou à Montceau-les-Mines (Saône-et-Loire).

A Paris, Sophie Tissier, 40 ans, « mère isolée de deux enfants », a expliqué au mégaphone être au RSA depuis deux ans et demi. « C’est très difficile pour nous d’être mises en lumière dans la société en tant que femmes. Or nous sommes plus pacifiques que les hommes et on veut mobiliser de façon pacifique. (…) On est très nombreuses dans les manifestations, sur les ronds-points, car on est plus touchées par le travail précaire », a déclaré la manifestante.