«Gilets jaunes» à Bordeaux: 4.600 manifestants selon la préfecture et des heurts en fin de parcours

MOBILISATION Bordeaux, qui a connu ces dernières années une forte explosion démographique, a vu ses prix immobiliers s’envoler...

M.P. avec AFP

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Quelque 4.600 «gilets jaunes» ont défilé lors de l'acte 8 dans les rues de Bordeaux, consacrant la capitale de Nouvelle-Aquitaine comme l'un des bastions du mouvement.
Quelque 4.600 «gilets jaunes» ont défilé lors de l'acte 8 dans les rues de Bordeaux, consacrant la capitale de Nouvelle-Aquitaine comme l'un des bastions du mouvement. — AFP

Bordeaux, le nouveau bastion du mouvement ? La question se pose alors que quelque 4.600 « gilets jaunes » ont défilé ce samedi dans les rues de la capitale de Nouvelle-Aquitaine. Les « gilets jaunes » bordelais ont donc repris de la vigueur après les quelque 2.500 manifestants recensés les deux derniers samedis, retrouvant les niveaux des « actes » précédant les fêtes (4.500 comptabilisés le 15 décembre).

Agglomération française qui a connu ces dernières années une forte explosion démographique, Bordeaux a vu ses prix immobiliers s’envoler, repoussant les classes moyennes dans les banlieues, souvent encore mal desservies, générant un fort mécontentement populaire qui contribue à alimenter la colère des « gilets jaunes ». Les rassemblements de Bordeaux sont également grossis par de nombreux « gilets jaunes » venus des départements voisins : Charente, Dordogne, Lot-et-Garonne, Landes, etc.

« Unis, le changement est possible »

Derrière une grande banderole proclamant « Unis, le changement est possible », tous ont défilé sous le soleil, une manifestation, précédée d’une centaine de motards, qui n’avait pas été déclarée, comme toutes les précédentes, selon la préfecture. L’un des orateurs en début de parcours a énuméré les revendications que les « gilets jaunes » souhaiteraient voir soumises au référendum d’initiative citoyenne, le RIC qu’ils réclament : « moralisation de la vie politique, réévaluation des salaires et du minimum vieillesse, remise en place de l’ISF, indexation sur l’inflation des allocations familiales et des retraites »…

Parmi les pancartes, certaines réclamaient le « Frexit », c’est-à-dire la sortie de la France de l’Union européenne. Une autre proclamait « vive la VIe république ».

Canons à eau et des gaz lacrymogènes

Et comme chaque samedi, une partie des manifestants se sont détachés du cortège pour rejoindre la place Pey Berland, longée par la cathédrale et la mairie, où des heurts se sont produits en début de soirée : des « gilets jaunes » ont lancé des pavés et autres projectiles sur les forces de l’ordre qui ont répliqué avec des canons à eau et des gaz lacrymogènes.

Les forces de l’ordre avaient ainsi conservé le même degré de mobilisation que les samedis précédents, selon la préfecture, avec notamment deux véhicules blindés stationnés devant la mairie et deux canons à eau. Vers 19h30, cinq policiers avaient été blessés et 11 manifestants interpellés, selon la préfecture qui signalait aussi plusieurs véhicules incendiés et des dégradations de vitrines.