«Gilets jaunes»: Bernard Tapie met un local du quotidien «La Provence» à la disposition du mouvement

MOBILISATION L’homme d’affaires a régulièrement apporté son soutien aux «gilets jaunes» depuis le début du mouvement...

C.P.

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Bernard Tapie, le 12 mars 2014.
Bernard Tapie, le 12 mars 2014. — FRANCK PENNANT / AFP

Un coup de pouce mais pas un retour en politique. Bernard Tapie qui avait confié le 19 décembre sur France Inter, être prêt à ouvrir les portes de son quotidien La Provence au mouvement des «gilets jaunes» a mis son idée à exécution.

Un hangar et des vigiles mis à disposition

Selon les informations révélées vendredi par Le Figaro, l’ex-ministre de la Ville voulait initialement mettre à leur disposition la salle des rotatives du quotidien régional à Marseille qui pouvait accueillir jusqu’à 2.000 personnes. Face à l’opposition des journalistes de la Provence, qui refusaient de voir leur outil de travail annexé, franceinfo annonce que c’est finalement « un hangar voisin où est stocké le papier » qui devrait accueillir dès ce samedi une centaine de personnes. Seront également mis à leur disposition par le journal « des tables, des chaises, des sandwiches et quatre vigiles pour assurer la sécurité ».

Structurer un mouvement citoyen

L’objectif affiché de Bernard Tapie : aider les « gilets jaunes » à « traduire ce qu’ils incarnent dans des exigences politiques » avant de se lancer dans l’arène. Selon lui, les « gilets jaunes », qui « ont retrouvé ce sens du "vivre ensemble" français qui a fait notre force », doivent aujourd’hui se structurer en un mouvement citoyen afin que l’offre électorale devienne « suffisamment large, crédible et audacieuse pour qu’il n’y ait plus que des votes d’adhésion dans ce pays ».

« On n’est pas tout à fait en démocratie quand plus de 50 % des gens ne se déplacent pas pour élire le président et que beaucoup d’autres votent pour exprimer leur ras-le-bol », déplore-t-il dans les colonnes du Figaro.

« Comment affirmer l’indépendance de la rédaction face à une telle situation ? »

Cette initiative a toutefois suscité beaucoup d’inquiétude au sein de la rédaction du quotidien régional La Provence qui couvre la mobilisation des « gilets jaunes » au quotidien. « ça va être difficile après de travailler (…) Etre associé au mouvement de près ou de loin sans en avoir été informé au préalable est très gênant pour les gens qui couvrent le mouvement sur le terrain (…). Comment affirmer l’indépendance de la rédaction face à une telle situation ? », a notamment expliqué Eric Breton, élu SNJ de La Provence, au micro de franceinfo.

Contacté par la radio, le PDG du groupe a écarté tout risque de « connivence » : « on prête des locaux, pour qu’ils organisent un mouvement (…) Il n’y aura aucun journaliste ou aucun membre de la Provence dans cette réunion », a expliqué Jean-Christophe Serfati.