VIDEO. «Gilets jaunes»: Les manifestants veulent relancer ce samedi un mouvement qui s'essouffle

MOBILISATION Alors qu’ils sont de moins en moins à manifester chaque jour en France, les « gilets jaunes » misent sur la mobilisation de ce samedi pour relancer leur bras de fer avec le gouvernement…

T.C.

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Une femme en "gilet jaune" sur un rond-point près de Toulouse, le 19 novembre 2018.
Une femme en "gilet jaune" sur un rond-point près de Toulouse, le 19 novembre 2018. — SCHEIBER FREDERIC/SIPA
  • Selon les autorités, « moins de 2.000 » « gilets jaunes » manifestent quotidiennement dans le pays.
  • Pour relancer la dynamique du mouvement, ils se mobiliseront ce samedi pour le huitième week-end de suite.
  • Face à eux, le gouvernement semble déterminé à vouloir rétablir l’ordre.

Qu’il semble loin ce samedi d’automne où une vague jaune avait déferlé sur la France. Le 17 novembre dernier, 287.710 personnes, selon la place Beauvau, avaient vêtu un gilet jaune et s’en étaient aller bloquer les ronds-points et les routes du pays. Mais la mobilisation qui porte le nom de cet accessoire de sécurité fluo semble marquer le pas depuis quelques semaines. Selon les confidences d’une source ministérielle à 20 Minutes, ils seraient désormais « moins de 2.000 » à manifester chaque jour sur l’ensemble du territoire.

En ce début d’année, les « gilets jaunes » espèrent bien relancer le mouvement lors d’un huitième acte, organisé ce samedi. Sur les réseaux sociaux, plusieurs groupes appellent les manifestants à se rassembler sur les « places symboliques » des grandes villes de France : place des Brotteaux et Bellecour à Lyon, de la Bourse à Bordeaux, du Capitole et Wilson à Toulouse, ou de la République à Lille.

Rassemblements à Paris

A Paris, le collectif «  La France en colère », constitué autour d’Eric Drouet et de Priscilla Ludosky - deux figures du mouvement - appellent les « gilets jaunes » à manifester entre la place de l’hôtel de ville et l’Assemblée nationale. Un rassemblement pour la première fois déclaré en préfecture. Seront-ils nombreux ? Vendredi, un peu plus de 1.000 personnes avaient répondu qu’ils participeront, et 5.000 autres s’étaient déclarées intéressées.

Le groupe «Reservé a bas prix » appelle, lui, sur Facebook, les « gilets jaunes » à se retrouver « autour des Champs-Elysées ». Environ 10.500 personnes ont indiqué qu’elles seraient présentes à cet événement. D’autres rassemblements pourraient être organisés dans la capitale, place de la République ou du Trocadéro. En outre, un peu moins de 400 personnes ont signalé vouloir se rassembler dans le XVe arrondissement afin de « faire le siège des médias », qu’ils accusent de faire le jeu du gouvernement.

« Force restera a la loi »

Face à un mouvement composé «d'agitateurs qui veulent l'insurrection », Benjamin Griveaux, le porte-parole du gouvernement, a assuré ce vendredi que « force restera a la loi ». Il a dénoncé lors d’un point presse les « personnes les plus radicalisées » qui « ont des problèmes avec le respect de la loi » et qui restent mobilisées malgré les annonces présidentielles. « Eux sont dans un combat politique. » Il cible en particulier  Eric Drouet, qui a été interpellé par la police mercredi soir à Paris. Ce dernier, dit-il, « n’est pas au dessus des lois. »

Ce samedi, 52 unités de forces mobiles seront déployées, soient 4.160 agents, sur l’ensemble du territoire, indique une source proche du dossier à BFM TV. A Paris, une dizaine de compagnies de CRS et d’escadrons de gendarmes mobiles seront mobilisés, soit environ un millier d’agents, poursuit la chaîne. Au plus fort de la mobilisation des « gilets jaunes », le 8 décembre, 8.000 policiers et gendarmes avaient été mobilisés.

« Opérations d’évacuation »

Le gouvernement entend profiter de l’essoufflement du mouvement pour continuer « la libération complète et définitive » de la « centaine de points de rassemblements » subsistant en France. Dans un télégramme du 29 décembre, consulté par 20 Minutes, le ministre de l’Intérieur demande aux préfets de poursuivre les « opérations d’évacuation de la voie publique afin de libérer les entraves et la gêne à la circulation notamment aux abords des ronds-points et des zones d’activité économique ».