VIDEO. «Gilets jaunes»: Eric Drouet laisse entendre que son interpellation était préméditée

MISE EN SCENE Quelques heures après sa sortie de garde à vue, Eric Drouet s’est réjoui du « coup de com » de son interpellation…

Manon Aublanc

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Eric Drouet est sorti de garde à vue ce jeudi 3 janvier 2019.
Eric Drouet est sorti de garde à vue ce jeudi 3 janvier 2019. — Bertrand GUAY / AFP

Placé en garde à vue, mercredi soir, alors qu’il se dirigeait vers la place de la Concorde à Paris, pour rendre hommage aux victimes du mouvement des « gilets jaunes », Eric Drouet​ a été relâché jeudi soir. A sa sortie, la figure controversée des « gilets jaunes » a laissé entendre dans un Facebook live qu’il avait prémédité son interpellation, ajoutant avoir totalement réussi son « coup de com ».

Dans sa vidéo, le chauffeur routier de Melun, figure du mouvement des « gilets jaunes », s’est réjoui de la diffusion, par les chaînes d’information en continu, de son interpellation : « Pour l’image que ça renvoie, c’était impeccable […]. Plus tu es médiatisé, plus c’est sympa pour ces actions-là. »  « Nous avons fait ça [organiser la manifestation de mercredi soir] pour en arriver là. On voulait montrer aux Français qu’on n’était pas libre. […] Le coup de com, je crois qu’on la fait là. C’était à condition d’aller passer 24 heures en garde à vue mais franchement c’était deux fois ce que j’attendais », a-t-il déclaré, avant d’ajouter : « Il va falloir trouver d’autres idées comme ça. »

« Il va falloir trouver d’autres idées comme ça »

Mercredi soir, le chauffeur routier de 33 ans avait été interpellé dans la soirée, place de la Concorde à Paris, pour « vérification d’identité » et « participation à une manifestation non déclarée ». Quelques heures plus tôt, il avait appelé, sur Facebook, à aller déposer des bougies en hommage aux « gilets jaunes » blessés.

« Tout ce qui se passe ici est purement politique », avait-il déclaré, jeudi soir, à sa sortie de garde à vue, devant le commissariat du 2e arrondissement de Paris. Quelques heures plus tard, Eric Drouet s’est exprimé dans un Facebook live, sur sa page « la France en colère », laissant entendre que son interpellation avait été préméditée.

Son interpellation avait provoqué l’indignation chez les politiques de tous bords. Jeudi, son avocat, Me Khéops Lara, avait dénoncé « une opération purement et bassement politique, qui n’a rien de juridique ». Eric Drouet, qui est convoqué devant le tribunal correctionnel de Paris le 15 février prochain, sera jugé pour « organisation d’une manifestation sans déclaration préalable », à la fois pour celle du 22 décembre 2018 et celle du 2 janvier.