«Gilets jaunes»: Le groupe «La France en colère» écrit une lettre à Emmanuel Macron juste avant l'acte 8

COURRIER Avant l’acte 8 du mouvement, prévu samedi 5 janvier, les « gilets jaunes » se disent prêts à aller « plus loin »…

L.Br.

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Manifestation des "gilets jaunes" dans les rues de Toulouse, le 29 décembre 2018.
Manifestation des "gilets jaunes" dans les rues de Toulouse, le 29 décembre 2018. — AFP

La lettre est datée du 3 janvier 2019. Elle est signée du groupe Facebook de « gilets jaunes » La France en Colère et reprise par Franceinfo, elle s’adresse à Emmanuel Macron. Elle devrait être lue sur le parvis de l’Hôtel de Ville de Paris lors de l’acte 8 du mouvement.

« La colère va se transformer en haine si vous continuez, de votre piédestal, vous et vos semblables, à considérer le petit peuple comme des gueux, des sans dents, des gens qui ne sont rien », préviennent les « gilets jaunes ». Une allusion aux mots employés par Emmanuel Macron lors de ses vœux aux Français, le 31 décembre. Le président de la République avait ciblé ceux qui « prennent pour prétexte de parler au nom du peuple » mais qui ne sont « que les porte-voix d’une foule haineuse ».

Baisser les salaires des élus

Les « gilets jaunes » étrillent au passage des violences commises lors des manifestations. « Vous dénoncez maintenant, lors de vos vœux, des excès, des débordements ? Vous parlez sans nul doute des exactions de vos forces de l’ordre à l’égard des citoyens ». La lettre mentionne aussi le plan de consultation nationale à venir, promis par l’exécutif. Les « gilets jaunes » disent se méfier de ce « piège politique pour tenter de noyer le sujet qui terrifie » Emmanuel Macron. Ils évoquent par cette phrase la mise en place du référendum d’initiative citoyenne (RIC), qu’ils demandent depuis le début du mouvement.

Ils demandent également « la mise en place d’une baisse significative de toutes les taxes et impôts sur les produits de première nécessité » et réclament « une baisse significative de toutes les rentes, salaires, privilèges et retraites courantes et futures des élus et hauts fonctionnaires d’état ».

Une personnalité désignée pour entamer un dialogue

Les « gilets jaunes » demandent enfin au président de désigner un représentant de l’Etat pour ouvrir un dialogue. Selon leur critère, il doit s’agir d’une « personnalité respectable, qui n’ait pas été visée par des enquêtes judiciaires ».

Cette lettre est diffusée alors que l’acte 8 du mouvement des « gilets jaunes » est prévu pour samedi 5 janvier. Les « gilets jaunes » insistent : ils ne sont pas « résignés ». « Nous nous rejoignons, nous pouvons faire mieux et nous ferons mieux. Et, oui, nous irons plus loin », concluent-ils.