VIDEO. «Gilets jaunes»: L'arrestation d'Eric Drouet provoque l'indignation avant «l'acte 8» du mouvement

MOBILISATION Eric Drouet a été placé en garde à vue pour « organisation d’une manifestation sans déclaration préalable »...

20 Minutes avec AFP

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Eric Drouet, l'un des leaders des «gilets jaunes».
Eric Drouet, l'un des leaders des «gilets jaunes». — FRANCOIS GUILLOT

L'arrestation à Paris du «gilet jaune» Éric Drouet a provoqué ce jeudi l’indignation de l’opposition de droite comme de gauche, à deux jours d’un 8ème samedi de manifestations dans plusieurs villes de France. Placé en garde à vue pour « organisation d’une manifestation sans déclaration préalable », ce chauffeur routier de Seine-et-Marne, figure controversée du mouvement, a été interpellé la veille au soir près des Champs-Elysées, où il avait appelé à mener une « action » et à « choquer l’opinion publique ».

Soutien affiché du mouvement, Marine Le Pen a dénoncé une répression de l’exécutif. « Les vœux de hargne du 31 décembre et la violation systématique des droits politiques de ses opposants dessinent un visage terriblement inquiétant d’Emmanuel Macron », a estimé sur Twitter la cheffe du Rassemblement national.

Indignation dans les rangs de l’opposition

Le chef de file de La France insoumise, Jean-Luc Mélenchon, avait réagi juste après l’arrestation de celui pour lequel il avait avoué sa «fascination». « De nouveau Éric Drouet interpellé. Pourquoi ? Abus de pouvoir. Une Police politique cible et harcèle désormais les animateurs du mouvement gilet jaune », a-t-il tweeté.

Taxant le gouvernement d'« amateurisme », le président des Centristes, Hervé Morin, a, lui, appelé à « sortir de l’arrogance et du mépris » vis-à-vis des «gilets jaunes».

Le seul « crime » d’Éric Drouet a été de déposer « des bougies (…) sur la place de la Concorde à Paris en hommage aux victimes gilets jaunes décédées », a également déclaré son avocat Me Kheops Lara, dénonçant une arrestation « totalement arbitraire ».

Une arrestation au nom de l’Etat de droit selon la majorité

Le gouvernement et la majorité ont, eux, défendu l’arrestation du routier, originaire de Melun, au nom de l’État de droit, tentant d’apaiser les esprits à deux jours d’un « acte VIII » du mouvement des « gilets jaunes ».

« Quand quelqu’un organise une manifestation alors qu’elle n’est pas déclarée, c’est qu’il ne respecte pas l’État de droit », a estimé le ministre de l’Économie, Bruno Le Maire, sur France Inter. « Dans une République, l’ordre est important (…) La République, ce n’est pas l’anarchie », a abondé le ministre des Comptes publics, Gérald Darmanin, sur Cnews.

Malgré les concessions du chef de l’État à la fin de l’année et le lancement d’un grand débat national pour examiner leurs revendications, notamment un référendum d’initiative citoyenne, la détermination des « gilets jaunes » semblait intacte malgré une mobilisation en nette baisse au fil des semaines.

Les autorités restent toutefois sur le qui-vive face à de possibles débordements ce week-end après les violences qui ont émaillé de précédentes mobilisations, à Paris ou à Bordeaux.