Jeanne Calment, la doyenne arlésienne de l'humanité, posait pour les photographes dans sa maison de retraite, le 20 février 1997 à Arles, à la veille de son 122ème anniversaire.
Jeanne Calment, la doyenne arlésienne de l'humanité, posait pour les photographes dans sa maison de retraite, le 20 février 1997 à Arles, à la veille de son 122ème anniversaire. — GEORGES GOBET / AFP

Longévité

Jeanne Calment, une doyenne de l'humanité étudiée sous toutes les coutures

Un chercheur russe conteste le record de longévité de Jeanne Calment. Pourtant, après avoir été reconnue doyenne de l'humanité, l'Arlésienne avait fait l'objet de plusieurs investigations...

  • Jeanne Calment est depuis 1988 la personne ayant vécu le plus longtemps. Née en 1875 et décédée en 1997, Jeanne Calment a vécu 122 ans. Le record a été enregistré par le Guinness World Records.
  • Au milieu des années 1990, le record est validé scientifiquement par plusieurs chercheurs.
  • Une théorie écrite par le Russe Yuri Deigin laisse entendre que Jeanne Calment serait en réalité morte en 1934, puis remplacée par sa fille Yvonne.

N’est pas doyen de l’humanité qui veut. D’une part, il faut vivre vieux. Très vieux. 122 ans, par exemple, pour Jeanne Calment. D’autre part, il faut être reconnu par une institution. Si le Guinness des records est pour beaucoup la référence en la matière, l’attribution du titre passe en fait par un réseau qui a fait de la recherche de centenaires sa spécialité.

Le Gerontology Research Group (GRG) est un groupe composé de plus de 500 membres. Des scientifiques, mais surtout des amateurs passionnés, qui repèrent et collectent bénévolement des informations sur les centenaires, voire les super-centenaires (au-delà de 110 ans) de leur pays. Ils décortiquent la presse, sont à l’affût du moindre avis de décès pour alimenter leur recensement.

Qui est réellement le doyen de l’humanité ?

Selon le classement réalisé par le GRG sur son site internet, la Japonaise Kane Tanaka est actuellement la doyenne de l’humanité. Née le 2 janvier 1903, elle soufflera dans quelques jours ses 116 bougies ! Mais ce classement n’a pas été validé par le Guinness World Records. Si l’on croit le fameux livre, depuis le 10 avril 2018, la personne la plus âgée toujours en vie est le Japonais Masazo Nonaka, âgé de 112 printemps.

Pourtant, une troisième personne prétend être le doyen de l’humanité : le Mexicain Manuel Garcia Hernandez. Ce fermier affirme avoir 122 ans, mais n’a jamais pris la peine de faire homologuer cet exploit. « Nous demandons un grand nombre de documents » pour valider ce type de record, avait expliqué à l’époque Alice Pagan, du Guinness des records, à l’AFP. Et d’ajouter : « On travaille aussi avec des gérontologues et des consultants » pour analyser ces demandes.

Mais alors, comment faire pour déterminer avec certitude l’identité du doyen ou de la doyenne de l’humanité ? « Grâce à une approche scientifique », répond Jean-Marie Robine, démographe et co-responsable de la base de données internationale sur la longévité (IDL). Ce chercheur a co-validé le record de Jeanne Calment.

« Savoir combien de temps on peut vivre, cela fascine »

À l’heure actuelle, et ce malgré la récente théorie circulant sur les réseaux sociaux, la Française Jeanne Calment reste la personne ayant vécu le plus longtemps au monde. Née en 1875, elle s’est éteinte en 1997, 122 ans plus tard. Son record de longévité avait été annoncé par le Guinness des records dès 1988, avant d’être scientifiquement homologué au milieu des années 1990.

« On voulait vraiment valider son âge, se souvient Jean-Marie Robine. J’ai pu aller lui rendre visite une quarantaine de fois chez elle, à Arles, entre l’âge de 117 et 120 ans. À chaque fois c’était filmé et enregistré. J’ai également pu engager quasiment à plein temps une généalogiste. » Cette dernière dépouille alors les archives, les registres d’état-civil, les avis de recensement. Jeanne Calment répond à des questions auxquelles elle seule peut répondre : les noms de ses différentes domestiques, ceux de ses professeurs, les matières qu’ils enseignaient… Et deux ans avant la mort de la doyenne, Jean-Marie Robine reconnaît à son tour le record. « Notre validation est devenue un standard », se félicite Jean-Marie Robine.