Anti-terrorisme: Peter Cherif «est un ami de longue date des frères Kouachi»

TERRORISME Interpellé cette semaine à Djibouti, ce vétéran du djihad islamique pourrait s’avérer être une source d’information précieuse pour les services de renseignements occidentaux…

T.C. avec AFP

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Peter Cherif à l'ouverture du procès de la filière des Buttes-Chaumont, le 26 janvier 2011.
Peter Cherif à l'ouverture du procès de la filière des Buttes-Chaumont, le 26 janvier 2011. — BENOIT PEYRUCQ / AFP
  • Le djihadiste Peter Cherif a été interpellé cette semaine à Djibouti.
  • Bien que proche des frères Kouachi, rien n’indique que ce vétéran du djihad est été impliqué dans les attentats de janvier 2015 à Paris.

Une prise d’importance. Arrêté le 16 décembre​ à Djibouti, Peter Cherif - aussi connu sous le pseudonyme d’Abou Hamza - est « l’une des dernières figures emblématiques du djihad français », explique à 20 Minutes Jean-Charles Brisard, président du Cat ( centre d'analyse du terrorisme). « Il a été au carrefour de nombreux réseaux qui ont ensuite donné naissance à des filières de recrutement ou à des cellules terroristes », poursuit-il.

En raison de ses liens avec Cherif et Saïd Kouachi, Peter Cherif a été présenté par certains médias comme un « possible commanditaire » des attentats de janvier 2015, une hypothèse reprise par la ministre de la Défense Florence Parly. « Ce terroriste a joué un rôle important dans l’organisation de l’attentat contre Charlie Hebdo », s’est-elle félicitée ce vendredi sur RTL.

Un proche des Kouachi

Certes, explique Jean-Charles Brisard, Peter Cherif « est un ami de longue date des frères Kouachi ». « Ils ont appartenu aux mêmes filières d’acheminement, sont originaires du même quartier. » Said Kouachi est même venu le rejoindre au Yémen, où il combattait dans les rangs d’Aqpa (Al-Qaïda dans la péninsule arabique). Mais ce spécialiste du terrorisme estime pourtant que « rien dans le dossier ne permet de le dire ».

D’ailleurs, le parquet de Paris a fait savoir que Peter Cherif n’était pas visé par un mandat d’arrêt dans l’enquête sur les attentats de janvier 2015. « Comme les frères Kouachi s’étaient revendiqués d’Aqpa au moment de l’attentat de Charlie hebdo, on a pu penser qu’il avait pu jouer un rôle d’intermédiaire entre eux et l’organisation. Mais tout ça n’a pas pu être établi par l’enquête », souligne le président du Cat.

Une source d’information précieuse

S’il coopère, ce vétéran du djihad islamique pourrait s’avérer être une source d’information précieuse pour les services de renseignements occidentaux. Il est notamment dans le viseur des Etats-Unis, qui l’ont inscrit en septembre 2015 sur leur liste noire de « combattants terroristes étrangers ». Arrêté une première fois à Falloujah en Irak fin 2004 alors qu’il combattait dans les rangs d’Al-Qaïda en Irak, Peter Cherif a été condamné à 15 ans de prison à Bagdad.

« Il s’était ensuite évadé de prison en Irak en 2007 et avait rejoint la Syrie », raconte Jean-Charles Brisard. Extradé par la suite en France, il y fut incarcéré pendant 18 mois. Peter Cherif avait disparu en mars 2011, au dernier jour de son procès à Paris, et pris la fuite vers le Yémen.