Le palais de justice de Lyon Illustration.
Le palais de justice de Lyon Illustration. — E. Frisullo / 20 Minutes

JUSTICE

Lyon : Trois ans de prison avec sursis requis à l’encontre du commissaire-priseur Jean-Claude Anaf

Le célèbre commissaire-priseur Lyonnais, Jean-Claude Anaf, 71 ans, était jugé jeudi devant le tribunal correctionnel de Lyon pour «abus de confiance»…

Il lui est reproché un fastueux train de vie financé sur les comptes de sa société. Le parquet a requis jeudi trois ans de prison avec sursis contre Jean-Claude Anaf,​ 71 ans, commissaire-priseur à la retraite, jugé pour abus de confiance devant la 5e chambre du tribunal correctionnel de Lyon. La procureure Karine Malara a également réclamé la confiscation des fonds détournés, à hauteur de 465.870 euros, selon son calcul.

Commissaire-priseur depuis 1974 à Lyon, M. Anaf était à la tête du premier hôtel des ventes de province, vendant 15.000 voitures de collection par an, et assurant 60 % des ventes forcées.

Il reconnaît sa faute

Voyages, cadeaux, hôtel de luxes : « une confusion complète des genres, qui est allée très loin sur une durée très longue », selon la magistrate. « Il y a peut-être eu une griserie de ma part », s’est défendu M. Anaf à l’audience, reconnaissant « sa faute ».

« Un climat délétère a fait qu’il a été jalousé et soupçonné à tort de corruption », a plaidé en substance Richard Zelmati, avocat du commissaire-priseur et de son associé, pour qui « la publicité de l’affaire dans la presse a été la première sanction ».

L’associé et compagnon de Anaf également poursuivi

Le parquet a réclamé deux ans avec sursis et une confiscation à hauteur de 236 000 euros contre Jean Martinon, 70 ans, associé et compagnon du commissaire-priseur, qui a « largement profité du système mis en place ».

La responsable de l’accueil d’un hôtel de luxe de Saint-Tropez était aussi renvoyée, pour avoir modifié des factures d’hébergement, en les transformant en factures de restauration, pour passer dans la comptabilité de la société. « Dans l’hôtellerie de luxe, on ne pose pas de question au client », a déclaré la réceptionniste à la barre. Le parquet a requis de six à huit mois avec sursis.

Le jugement a été mis en délibéré au 24 janvier.