Marseille: La grève dans les cantines scolaires risque bien de passer Noël

ECOLES La grève des cantines s’est invitée au conseil municipal, tandis que la ville planche sur un dispositif pour permettre les pique-niques…

Caroline Delabroy

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Dans une cantine scolaire à Marseille.
Dans une cantine scolaire à Marseille. — P. MAGNIEN / 20 MINUTES
  • Des centaines de cantines scolaires sont paralysées depuis presque deux semaines par une grève du personnel.
  • Le sujet s’est invité au conseil municipal, qui s’est fait écho des difficultés des familles dans cette crise.
  • Le mouvement pourrait reprendre à la rentrée.

Pas de trêve à la veille de Noël. Pour les parents marseillais, la dernière journée d’école avant les vacances sonne de nouveau comme un casse-tête : sur les 444 maternelles et primaires de la ville, seules 67 cantines sont ouvertes. Pour les autres, toujours pas de restauration scolaire et, pour la plupart, pas de pique-nique non plus - seuls 57 établissements l’autorisent ce vendredi.

« Je suis furieux de ces grèves permanentes dans les écoles », s’est emporté Jean-Claude Gaudin lors du conseil municipal de jeudi, où le sujet s’est invité dans l’hémicycle après le débat sur la rue d’Aubagne. « C’est honteux, a-t-il lancé. Depuis 1995, plus de 700 millions d’euros de travaux ont été investis dans les écoles de Marseille ». Très sensible sur le sujet depuis la fameuse Une de Libération sur les écoles délabrées, le maire n’a pu s’empêcher de répondre directement à la conseillère municipale Annie Lévy-Mozzicionacci (PS), appelant à « plus de personnel et d’encadrement » dans les écoles, avant de laisser la parole à son adjointe en charge de l’éducation.

« Nous voulons du concret »

Danièle Casanova a répété les mesures récemment prises dans le cadre de la grève des cantines scolaires, concernant notamment le recrutement, dès le début 2019, de 150 agents de surveillance inter-classes. Reste que le tableau n’est pas très encourageant pour la rentrée. FO, qui n’a pas encore déposé de préavis de grève, ne cache pas que c’est une option. « Sur le recrutement et la rémunération, les chiffres répondent à nos attentes, mais nous voulons du concret, avertit Arabelle Lauzat, secrétaire de la section éducation des territoriaux FO. Sur le passage à temps plein des 75 agents travaillant à temps partiel, cela peut aller vite. Ce serait un bon signe donné. »

Côté CGT, d’après nos informations, un préavis de grève aurait déjà été déposé pour la reprise des classes. C’est ce syndicat qui avait lancé le mouvement de grève, suivi une semaine plus tard par FO, premier syndicat à la ville. Le mouvement fait notamment suite à la décision de la mairie de porter le temps de travail légal des employés municipaux à 1 607 heures. La mairie a été épinglée à ce sujet par la chambre régionale des comptes et elle est visée par une enquête du parquet national financier.

De leur côté, les syndicats mettent en avant la faiblesse des effectifs, et demandent la reconnaissance de la pénibilité. Pour le moment, chacun semble camper sur ses positions. Au retour des vacances, la gestion de la grève des cantines pourrait donc se poser de nouveau aux parents. A la ville, on dit réfléchir à un dispositif pour permettre au moins les pique-niques.