Racisme, antisémitisme... Les profs vont pouvoir signaler les incidents sur une plateforme

EDUCATION Cette nouvelle plateforme, à destination des enseignants, permettra de les accompagner dans des « situations où ils n’y arriveraient pas tout seuls »…

20 Minutes avec AFP

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Jean-Michel Blanquer devant l'Elysée, le 24 octobre 2018.
Jean-Michel Blanquer devant l'Elysée, le 24 octobre 2018. — Eric FEFERBERG / AFP

Le ministre de l’Education nationale Jean-Michel Blanquer a annoncé ce jeudi le lancement d’une nouvelle plateforme permettant aux enseignants de signaler des incidents racistes ou antisémites afin de décider des suites à y donner.

« C’est une plateforme pour signaler des faits de racisme et d’antisémitisme, (…) de façon à rectifier le tir chaque fois que c’est nécessaire », a indiqué au micro de France Bleu Azur le ministre, en déplacement à Nice jeudi. « Nous avons des équipes capables de venir dans les établissements pour aider les collèges, les écoles, les lycées dans des situations où ils n’y arriveraient pas tout seuls », a-t-il ajouté.

Des poursuites judiciaires possibles

Les suites peuvent être de nature « pédagogiques et éducatives quand l’enfant se fait le porte-parole bruyant voire violent de préjugés qui existent dans sa famille ». Ils peuvent également prendre la forme d’une rencontre de l’école avec la famille. « Mais cela peut aussi relever de suites judiciaires quand il s’agit de faits graves dont les motifs sont le racisme et l’antisémitisme », a précisé Jean-Michel Blanquer.

La nouvelle plateforme est calquée sur celle qui permet au personnel de l’Education nationale de saisir l’équipe nationale laïcité, pour des problèmes tels que la contestation de certains enseignements au nom de la foi ou le refus d’aller en gymnastique de la part de certaines jeunes filles. Une adresse de saisine destinée aux professeurs et autres agents permet de signaler des comportements ou des paroles portant atteinte à la laïcité et d’être recontactés dans les 24 heures.

Sur cette plateforme « laïcité » en depuis la rentrée, 330 cas ont donné lieu à l’intervention d’une équipe académique et 40 ont nécessité le déplacement de l’équipe nationale. Les collèges sont davantage concernés, avec 47 % des incidents signalés du 3 septembre au 23 novembre. Les trois quarts du temps, le problème vient d’un élève ou d’un parent.