«Gilets jaunes» : Malgré la détermination des manifestants, les démantèlements se poursuivent

EVACUATION Une partie des « gilets jaunes » annonce, d’ores et déjà, que la mobilisation pourrait continuer pendant les fêtes et après le Nouvel An…

20 Minutes avec AFP
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Le péage de la Barque est occupé par les "gilets jaunes" depuis le début du mouvement
Le péage de la Barque est occupé par les "gilets jaunes" depuis le début du mouvement — Mathilde Ceilles / 20 Minutes

Malgré la détermination de certains manifestants, prompts à réoccuper les ronds-points déjà évacués ou à continuer le mouvement pendant les fêtes, les démantèlements de campements de « gilets jaunes » se sont poursuivis, ce mercredi.

Après l’incendie d’une barrière de péage à Bandol mardi dans le Var, la journée de mercredi a été marquée par un nouveau sinistre dans un local de Vinci à Bessan, dans l’Hérault, un acte revendiqué par certains « gilets jaunes ». Sur le réseau autoroutier, Vinci Autoroutes faisait état de manifestations sur une quarantaine de points du réseau mercredi, notamment sur l’A7 dans le Vaucluse, et de dégradations sur l’A9, qui relie Montpellier à l’Espagne.

« Un camp de Gaulois bardé de 500 pneus et avec des arbres en travers »

Ailleurs dans l’Hexagone, la tendance au démantèlement des barrages se poursuivait mercredi, comme à Girac, en Charente, ou à Niort (Deux-Sèvres). En général dans le calme, les « gilets jaunes » ayant reçu pour consigne « de ne pas résister », selon une porte-parole, quitte à se réinstaller dans la foulée, à quelques centaines de mètres parfois.

En Saône-et-Loire, les « gilets jaunes » sont ainsi revenus sur les sites démantelés dans la nuit de lundi à mardi, en particulier sur l’échangeur de Magny, à Montceau-les-Mines, où ils ont remonté « un camp de Gaulois bardé de 500 pneus et avec des arbres en travers », expliquait l’un d’eux, Pierre-Gaël Laveder. « Des actions sont prévues tous les jours : plus on va aller vers samedi, plus ça va se durcir », a-t-il ajouté.

Une mobilisation qui pourrait durer « encore à Noël et au Jour de l’An »

« On lâche rien, mais on se réinstalle, et on se concentre en partie sur la marche pour le Référendum d’initiative citoyenne », a déclaré Chantal Moraud, coordinatrice des « gilets jaunes » dans les Bouches-du-Rhône. Une quarantaine de ces « marcheurs » qui veulent rejoindre Paris à pied étaient mercredi à Tarascon, selon la préfecture. Dans le Var voisin, une quarantaine de « gilets jaunes » se sont aussi réinstallés au rond-point proche du péage du Muy, après avoir été délogés trois fois par un nombre « imposant » de gendarmes qui ont démoli leur cabane, selon l’un d’eux.

« On veut qu’ils arrêtent de nous envoyer de la poudre aux yeux qui n’a ni queue ni tête », a expliqué Jocelin Berry, qui espère tenir le rond-point « encore à Noël et au Jour de l’An ». En Gironde, les trois quarts des ronds-points occupés avaient été démantelés ou désinstallés mercredi.Au rond-point de Sainte-Eulalie, l’un des hot spots jaunes au nord de Bordeaux, les gendarmes aidés d’agents techniques ont fait évacuer le rond-point sans opposition mercredi à l’aube.

« On n’a pas le choix, ça ne sert à rien pour le moment d’opposer une résistance »

A l’Ouest, le préfet du Morbihan avait demandé mardi aux manifestants de « cesser leurs actions et d’évacuer » les sites occupés. Il a aussi interdit par arrêté les « rassemblements de personnes, les installations d’abris et le dépôt de matériaux » sur neuf ronds-points du département, dont l’un, à Lannester, près de Lorient, occupé depuis le début du mouvement, était l’une des plus grosses bases des « gilets jaunes » dans le département.

« On n’a pas le choix, ça ne sert à rien pour le moment d’opposer une résistance, alors on est en train de tout plier et tout démonter », a déploré à Denis Rudloff, un « gilet jaune » qui s’attend à ce que le mouvement reprenne de l’ampleur « après les fêtes probablement ».