Toulouse: Des médiateurs au pied des tours du Mirail pour lutter contre les incivilités

SOCIETE Pour lutter contre le trafic de drogue et l’occupation des halls d’immeuble, deux bailleurs sociaux toulousains ont embauché des médiateurs qui vont sillonner le Mirail…

Béatrice Colin

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Dans le quartier du Mirail, à Toulouse.
Dans le quartier du Mirail, à Toulouse. — F. Scheiber / 20 Minutes archive
  • La SA Les Chalets et Patrimoine Languedocienne, deux bailleurs sociaux qui logent 20.000 personnes au Mirail, ont créé le Groupement interquartiers de tranquillité et de sûreté.
  • Trente personnes ont été embauchées pour faire de la médiation en pied d’immeubles et réduire les incivilités.
  • Les deux bailleurs ont investi deux millions d’euros dans ce dispositif qui existe déjà en région parisienne.

Incivilités, trafic de drogue, dégradations. De nombreux halls d’immeubles du quartier du Mirail sont squattés, au point que certains habitants hésitent désormais à s’y risquer. Pour enrayer ce phénomène, deux bailleurs sociaux se sont associés pour créer le Groupement interquartiers de tranquillité et de sûreté (GITeS).

La SA les Chalets et Patrimoine Languedocienne ont ainsi embauché 30 agents, parmi lesquels 25 vont sillonner le terrain tous les jours à partir de ce mercredi, y compris en soirée.

Ces anciens pompiers, policiers ou encore agents des hôpitaux seront en uniforme pour être identifiés et iront à la rencontre des locataires « pour lutter contre le sentiment d’abandon », indique Jean-François Nicoules, le président du GITeS.

« Depuis le début de l’année dernière, nous constatons une aggravation sans précédent de la situation, avec une professionnalisation du trafic et une occupation permanente des halls d’immeuble », constate ce responsable.

Pas des agents de sécurité

« Ce ne sont pas des agents de sécurité, mais des agents de tranquillité résidentielle et de sûreté. Ils seront là pour assurer le dialogue avec les habitants et faire de la médiation », explique le préfet de la Haute-Garonne, Etienne Guyot, qui soutient cette initiative, déjà mise en œuvre en région parisienne depuis des années.

Au-delà de ces échanges avec les 20.000 locataires des deux bailleurs sociaux, ils seront aussi chargés de visiter les locaux techniques où parfois la drogue est cachée, mais aussi d’alerter les forces de l’ordre en cas d’attroupement.

« Il y a un cri d’alarme des habitants »

« Pour nous, c’est le chaînon manquant entre l’action de la police et le rôle de prestation des bailleurs en matière de logement », relève de son côté Nelson Bouard, le directeur départemental de la sécurité publique.

Ce dispositif va coûter chaque année deux millions d’euros. Autant d’argent que les bailleurs auraient préféré investir dans du logement, « mais on se devait de prendre des décisions, il y a un cri d’alarme des habitants », souligne le directeur général des Chalets, Jean-Paul Coltat.