Détresse, «pétages de plombs», alcool... Toujours plus d'agressions contre les pompiers

AGRESSIONS Et 2018 semble poursuivre cette tendance...

20 Minutes avec AFP

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Une caserne de pompiers (image d'illustration).
Une caserne de pompiers (image d'illustration). — SIPA

Le nombre d’agressions déclarées par les sapeurs-pompiers en intervention a continué de grimper en 2017, de 23 % après 17,6 % en 2016, a annoncé ce mercredi le ministère de l’Intérieur.

Si ces violences restent relativement rares (2.813 pompiers agressés sur 4,7 millions d’interventions), leur hausse continue, nourrie par un nombre croissant d’agresseurs en détresse sociale, drogués ou alcoolisés, appelle selon la FNSPF des mesures « fortes » de l’Etat comme le renforcement du réseau pompier, des plateformes d’appel commun à tous les services d’urgence et des condamnations en justice exemplaires.

Des chiffres multipliés par trois en neuf ans

Au total, entre 2008 et 2017, le nombre d’agressions de pompiers déclarées a plus que triplé (+213 %), ajoute l'Observatoire national de la délinquance et des réponses pénales (ONDRP) du ministère, dans une note publiée mercredi.

Et 2018 semble poursuivre cette tendance : à Paris et en petite couronne, 293 pompiers ont été agressés sur les 11 premiers mois de l’année, contre 198 sur toute l’année 2017, selon la Brigade de Sapeurs-pompiers de Paris (BSPP).

« Ces agressions sont d’autant plus inacceptables qu’elles peuvent mettre en danger les vies des personnes que les pompiers viennent secourir », déplore le capitaine Guillaume Fresse, de la BSPP.

Le nombre d’agressions explose à Paris et Marseille

En 2017, le nombre d'agressions en France a atteint 2.813 (soit en moyenne 6 pompiers agressés pour 10.000 interventions), contre 2.280 en 2016 (5 pour 10.000), selon l’ONDRP. La même année, le nombre de sapeurs-pompiers agressés pour 10.000 interventions a été le plus élevé en Nouvelle-Aquitaine (14), en Bourgogne-Franche-Comté (13), dans le Grand Est (9) et les Hauts-de-France (8).

Le nombre d’agressions a notamment explosé à Paris et Marseille, où les pompiers sont militaires : +74 % pour ceux de la BSPP et +68 % pour ceux du Bataillon de marins-pompiers de Marseille (BMPM).

« Les hausses significatives de ces dernières années sont notamment le fait de personnes - celles que les pompiers étaient venus secourir, leurs proches ou des témoins - en détresse sociale, fortement alcoolisées ou sous l’emprise de stupéfiants », explique à l’AFP le capitaine Fresse.

En septembre dernier, un pompier de la BSPP est mort poignardé dans le Val-de-Marne, le premier tué par la personne qu’il était venu aider depuis près de dix ans en France. La FNSPF avait alors appelé le gouvernement à améliorer la coordination avec les forces de l’ordre pour que ces dernières soient systématiquement déployées aux côtés des pompiers lors des interventions jugées à risques.