«Gilets jaunes»: Vinci renonce à faire payer les automobilistes qui ont profité des opérations «péage gratuit»

MOBILISATION Vinci Autoroute avait annoncé qu’elle comptait demander aux automobilistes ayant profité du dispositif des manifestants de s’acquitter, a posteriori, des droits de passage…

20 Minutes avec AFP

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Des «gilets jaunes» bloquent un péage près de Toulouse (Haute-Garonne), le 17 novembre 2018.
Des «gilets jaunes» bloquent un péage près de Toulouse (Haute-Garonne), le 17 novembre 2018. — FRED SCHEIBER/SIPA

Le groupe français Vinci Autoroutes a annoncé qu’elle renonçait à récupérer l’argent dû par les automobilistes passés sans payer lors des opérations «péage gratuit», menées par les «gilets jaunes», a annoncé la société dans un communiqué, publié ce mardi.

« Cette procédure sans doute insuffisamment expliquée, donc mal comprise, a suscité depuis hier un grand nombre de réactions négatives », a reconnu le groupe dans un communiqué. « Vinci Autoroutes a décidé de renoncer à son application. »

Le fichier des plaques d’immatriculation accessible par Vinci

Après les nombreuses opérations « péages gratuits », menées dans le cadre de la mobilisation des « gilets jaunes » ces dernières semaines, la société Vinci Autoroute avait annoncé, ce lundi, qu’elle comptait demander aux automobilistes ayant profité du dispositif des manifestants de s’acquitter, a posteriori, des droits de passage. La société avait « demandé aux usagers n’ayant pu s’acquitter du péage de le faire de façon différée », soulignant qu’il avait déjà renoncé à faire appliquer l’amende prévue par la loi.

Cette annonce de Vinci a provoqué mardi plusieurs réactions négatives chez des membres du gouvernement, au moment où celui-ci cherche à apaiser plusieurs semaines de mobilisations aux revendications multiples mais tournant largement autour du pouvoir d’achat. Sur Franceinfo, Benjamin Griveaux, porte-parole du gouvernement, a jugé « très incongru » le choix de Vinci, tandis qu’Elisabeth Borne, ministre des Transports, a estimé que cette demande n’était pas « fondée au plan juridique ».

Des amendes envoyées par APRR

Selon la ministre, qui a dit au Sénat avoir demandé aux concessionnaires « de ne pas mettre en œuvre de tels recouvrements », Vinci n’est pas en mesure d’utiliser, comme il l’annonçait, les images de vidéoprotection dans un tel objectif. La demande de Vinci a également suscité de fortes critiques dans l’opposition de gauche ; le socialiste Luc Carvounas évoquant un « scandale », comme de droite ; le républicain Julien Aubert estimant que cela « donne envie de nationaliser les autoroutes ».

Chez les deux autres grands exploitants d’autoroutes en France, la Sanef, filiale de l’espagnol Abertis, a fait savoir qu’elle ne mènerait pas de telles régularisations, tandis qu’APRR, filiale d’Eiffage, a, selon le journal Le Progrès, envoyé des avis majorés de l’amende prévue par le code de la route.