Affaire Benalla: Vincent Crase aurait reçu 300.000 euros d'un oligarque russe proche de Poutine

TRANSACTION La somme aurait été versée au gendarme réserviste pour une mission de protection, en juin dernier, quand il était toujours salarié du parti présidentiel…

M.C.

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Vincent Crase, lors de son audition devant la commission d'enquête du Sénat, vendredi 19 septembre.
Vincent Crase, lors de son audition devant la commission d'enquête du Sénat, vendredi 19 septembre. — BERTRAND GUAY / AFP

C’est une « affaire dans l’affaire » Benalla. Selon les informations de Mediapart et du Point, Vincent Crase, l’ancien employé de La République en marche mis en examen avec Alexandre Benalla après les violences contre des manifestants le 1er-Mai, aurait reçu près de 300 000 euros d’un oligarque proche de Vladimir Poutine. Le milliardaire, qui n’a jamais été condamné en Europe, est « suspecté par plusieurs magistrats européens d’être lié à la mafia russe », précise Mediapart.

D’après les deux médias, c’est le 28 juin dernier, alors que Vincent Crase était encore salarié du parti présidentiel, que le gendarme réserviste aurait reçu la somme de 294 000 euros, via Mars conseil, une entreprise de conciergerie de luxe dont il est le seul actionnaire. Ce versement aurait eu lieu dans le cadre d’un contrat pour une mission de « protection de proches et de biens » d’Iskander Makhmudov, 211e fortune mondiale dans le classement du magazine Forbes.

La moitié de la somme versée à l’ancien employeur d’Alexandre Benalla

Selon Le Point, « la somme a fait tiquer Tracfin », le service du ministère de l’Economie chargé de la lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme. L’hebdomadaire et Mediapart précisent par ailleurs que, pour l’exécution de ce contrat, Vincent Crase est passé par la société de sécurité Velours, ancien employeur… d’Alexandre Benalla.

« Je n’ai rien à voir avec cette histoire. On continue à vouloir me salir alors que ce contrat relève de la vie privée et professionnelle de Vincent Crase qui est mon ami, n’en déplaise à certains », a répondu l’intéressé au Point. A Mediapart, il a affirmé n’avoir « jamais pris part à la moindre négociation, ni de près ni de loin, avec M. Makhmudov ou ses représentants concernant le contrat avec la société Mars et M. Vincent Crase ».

La société Velours dit avoir mis fin au contrat en septembre. Contacté par Mediapart et le Point, Vincent Crase n’a pas souhaité faire de commentaires.