«Gilets jaunes»: Les syndicats de police réclament un «retour sur investissement»

RECLAMATIONS Après la forte mobilisation des forces de l’ordre, ces dernières semaines, les syndicats policiers réclament de meilleures conditions de travail et de rémunération…

20 Minutes avec AFP

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Paris, le 08 décembre 2018. Les forces de l'ordre arrêtent un membre des "gilets jaunes" sur les Champs-Elysées.
Paris, le 08 décembre 2018. Les forces de l'ordre arrêtent un membre des "gilets jaunes" sur les Champs-Elysées. — Zakaria ABDELKAFI / AFP

Après un mois de mobilisation des « gilets jaunes » et la gestion la menace terroriste, notamment de l’attentat de Strasbourg, les syndicats policiers ont brandi, ce lundi, le spectre d’un mouvement social au sein des forces de l’ordre en réclamant notamment « un retour sur investissement »

L’un d’entre eux, le syndicat Alliance, a d’ores et déjà demandé « à tous les policiers de France de ne sortir que sur appel » ce mercredi, sous le mot d’ordre « fermons les commissariats », afin d’obtenir du gouvernement de meilleures conditions de travail et de rémunération. « Pour cette première journée d’action, les policiers sont conviés à rester dans les services et à ne répondre qu’aux appels d’urgence », a affirmé Alliance. Celui-ci réclame un « retour sur investissement » et la mise en place d’un « plan Marshall » pour la police.

« Les ronds points ne sont pas réservés qu’aux seuls gilets jaunes »

Il demande notamment aux députés de ne pas voter le projet de loi de finances 2019 estimant que le budget consacré aux forces de l’ordre est « insuffisant », relève Frédéric Lagache, secrétaire général adjoint d’Alliance. Pour le syndicaliste, le projet de budget « doit prendre en considération un plan de modernisation tant sur le plan immobilier que sur le plan équipement » mais aussi « l’engagement sans faille des forces de sécurité, non seulement ces dernières semaines mais depuis plusieurs années ».

L’Unsa-Police a sommé les policiers à se lancer dans un mouvement « service minimum - 100 % prévention » dès ce mardi. La troisième organisation représentative de la police nationale demande à être reçue par le président de la République et met en garde contre « d’autres actions ». « Les ronds points ne sont pas réservés qu’aux seuls gilets jaunes », a souligné le syndicat dans un communiqué.

Vers une mobilisation nationale des policiers le 26 janvier prochain ?

Unité-SGP-FO a également lancé un appel à la mobilisation des policiers en plusieurs actes sur le modèle de la contestation des « gilets jaunes ». Le syndicat a envoyé mardi un courrier au chef de l’Etat pour appeler à sa « reconnaissance au-delà des mots et gestes formulés à notre endroit mais demeurés insuffisants pour nos pairs », allusion aux nombreux gestes et messages de soutien adressés par l’exécutif aux forces de l’ordre depuis le début de la crise des « gilets jaunes » et à l’occasion de l’attentat de Strasbourg.

Parmi la batterie d'« avancées sociales » réclamées par le syndicat figurent le paiement du stock d’heures supplémentaires, un effort de l’Etat sur la prise en charge de certaines cotisations sociales, l’apport de 1.000 fonctionnaires chez les CRS ou encore une loi d’orientation et de programmation pour la police nationale. Unité appelle à une prochaine réunion intersyndicale en milieu de semaine et demande des « réponses fortes » de la part du gouvernement avant le 11 janvier 2019. Sinon, il appellera à une mobilisation nationale le 26 janvier, a expliqué son secrétaire général, Yves Lefebvre.