En grande surface, 86% des poissons vendus sont issus de pêche non durable

ESPECES MENACEES Selon une enquête de l’UFC-Que choisir publiée ce lundi, les informations liées à la pêche de ces poissons sont « absentes, fantaisistes ou trop vagues »…

20 Minutes avec AFP

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Des poissons sur un étal de supermarché (image d'illustration).
Des poissons sur un étal de supermarché (image d'illustration). — MYCHELE DANIAU / AFP

Achetez-vous du cabillaud, de la sole ou du bar ? Ces trois poissons sont au cœur d’une enquête de l’UFC-Que Choisir sur la pêche durable. Selon le magazine, la quasi-totalité des poissons présents sur les étals des grandes surfaces sont pêchés dans des zones fragiles et sont menacés par la surpêche.

Selon l’association de consommateurs, qui a mené une enquête auprès de 1.134 poissonneries de grandes surfaces, pas moins de 86 % des poissons vendus dans la grande distribution sont pêchés selon des méthodes non durables ou dans des stocks surexploités. Or, « 88 % des stocks de poissons européens sont actuellement surexploités ou voient leur capacité à se reconstituer menacée, induisant dès lors un risque d’effondrement des stocks pour des espèces particulièrement menacées telles que le bar ».

Intermarché, Système U et Edouard Leclec épinglés

L’enquête avait un double objectif, souligne UFC-Que Choisir : vérifier le respect des mentions obligatoires sur les méthodes de pêche et les zones de capture et analyser les résultats sur la durabilité des ressources exploitées, tant en termes de méthodes de pêche que de zones de captures. Le résultat est sans appel : « la grande distribution n’a aucune politique d’approvisionnement durable pour les trois espèces étudiées », affirme l’association.

Or, trois quarts des achats de poissons frais et autres produits de la mer des consommateurs français sont réalisés dans la grande distribution, selon une étude de l’institut FranceAgrimer datant de septembre 2018. Par ailleurs, poursuit l’association, dans deux tiers des cas, les mentions obligatoires sont « absentes, fantaisistes ou trop vagues ». Ainsi, « avec plus de trois poissons sur quatre mal étiquetés, Intermarché décroche la palme, talonné par Système U et Leclerc qui totalisent respectivement 76 % et 67 % d’étiquetages non conformes », affirme UFC-Que Choisir.

Des informations trop vagues

S’agissant des zones de capture, l’association a relevé des mentions vagues du type « Atlantique » ou « Méditerranée » : « or, en l’absence de zone maritime précise, on ne peut pas identifier les poissons provenant de stocks surexploités », estime-t-elle. Quant à l’information sur les méthodes de pêche, elle est absente pour un poisson sur quatre, précise UFC-Que Choisir.

Compte tenu des résultats de cette enquête, l’association demande que les ministres européens de la Pêche alignent « strictement les futurs quotas sur les recommandations émises par les experts du Conseil international pour l’exploration de la mer » et que « l’étiquetage réglementaire intègre un indicateur explicite de la durabilité du poisson ».

Elle annonce par ailleurs qu’elle saisit la Répression des fraudes afin qu’elle réalise des contrôles sur le respect des dispositions réglementaires d’étiquetage.