VIDEO. «Gilets jaunes»: Ils déposent un gilet jaune sur le lieu de recueillement pour les victimes de l'attentat à Strasbourg

REPORTAGE Malgré l’interdiction préfectorale de manifester ou de se rassembler à Strasbourg, une soixantaine de personnes se sont rassemblées place de la République ce samedi avant de se diriger sur un lieu de recueillement des Strasbourgeois après l’attaque terroriste…

Gilles Varela

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Des gilets jaunes à Strasbourg se rassemblent puis déposent un gilet jaune sur un lieu de recueillement place Kléber pour les victimes de l'attaque terroriste du 11 décembre. Strasbourg le 15 décembre. Lancer le diaporama
Des gilets jaunes à Strasbourg se rassemblent puis déposent un gilet jaune sur un lieu de recueillement place Kléber pour les victimes de l'attaque terroriste du 11 décembre. Strasbourg le 15 décembre. — G. Varela / 20 Minutes

Sans violence mais résignés, plus d’une soixantaine de « gilets jaunes » se sont rassemblés ce samedi matin place de la République à Strasbourg, malgré l’interdiction préfectorale toujours en vigueur depuis  l’attaque terroriste du 11 décembre dans l’Eurométropole.

Ils ont déployé une grande banderole (jaune) sur laquelle on pouvait lire « Les gilets jaunes de Stras' en deuil » avant de tenir une assemblée générale pendant laquelle ils ont répertorié toutes leurs revendications.

Accès interdit « même avec leur gilet dans la poche »

Aux abords de la place, les gendarmes et la police veillaient à ce qu’ils ne pénètrent pas dans l’enceinte sécurisée de l’hypercentre. La petite assemblée ayant l’intention de rejoindre ensuite le lieu de recueillement pour les victimes de l’attaque terroriste, place Kléber.

Le directeur de la Sécurité publique du Bas-Rhin, Jean-François Illy, qui avait fait le déplacement a prévenu que les « gilets jaunes » n’étaient en aucun cas autorisés à rentrer dans la Grande Ile, « même avec leur gilet dans la poche. »

« C’est ridicule, je ne vois pas pourquoi on nous laisse l’accès mais sans le gilet ! Dès qu’on en porte un, on n’est plus des citoyens, on est des rebelles, des voyous, s’indignent certains gilets jaunes. On instrumentalise la peur. »

Après réflexions, une quinzaine de manifestants a détourné l’interdiction en confiant leur gilet à l’un d’entre eux puis en passant les barrages pour se diriger place Kléber. Après avoir été dûment fouillés, ils sont parvenus place Kléber.

« Ça me dégoûte, mais l’heure n’est pas à la polémique »

Une personne leur a confié un gilet jaune qui a immédiatement été déposé avec quelques bougies à travers des nombreux messages, bougies et fleurs, juste à côté de la rose blanche déposée vendredi soir par le président de la République Emmanuel Macron…

Certaines personnes se sont alors indignées, discrètement, d’autres ont préféré quitter les lieux, comme Françoise : « Ça me dégoûte, mais l’heure n’est pas à la polémique. J’étais venue me recueillir, c’est vraiment pas la place de la politique. » Tout comme Nadine, venue de Moselle : « C’est un lieu de recueillement, ça me choque, on peut rendre hommage avec des fleurs, pas avec des gilets jaunes. » Un avis que ne partage pas Madeleine, qui après avoir déposé une fleur nous confie : « Heureusement que l’on peut encore s’exprimer pour ne pas céder au terrorisme, tant que ça vient du cœur. »