«Gilets jaunes»: A quoi va ressembler «l’acte 5»?

SOCIAL Malgré les appels à la responsabilité lancés par le gouvernement, de nombreux « gilets jaunes » souhaitent se mobiliser, samedi, pour un « acte 5 »…

V.V.

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Un mois après la première mobilisation des "gilets jaunes", le 17 novembre 2018, l'exécutif traverse une crise politique sans précédent.
Un mois après la première mobilisation des "gilets jaunes", le 17 novembre 2018, l'exécutif traverse une crise politique sans précédent. — ALAIN JOCARD / AFP
  • Après un mois de mobilisation, les « gilets jaunes » maintiennent la pression.
  • En dépit d’appels au calme, certains appellent, ce samedi, à « un acte 5 ».
  • Le dispositif policier à Paris devrait être similaire à celui du samedi 7 décembre.

Un nouveau samedi jaune ? Un mois après le début de la mobilisation, plusieurs manifestants appellent, ce samedi, à un « acte 5 » de la mobilisation des « gilets jaunes ». Toute la semaine, le gouvernement a appelé à la responsabilité, mettant en avant  les mesures annoncées par Emmanuel Macron en faveur du pouvoir d’achat et le spectre de la menace terroriste.20 Minutes fait le point sur ce à quoi il faut s’attendre ce samedi…

Qui appelle à la mobilisation pour un « acte 5 » des gilets jaunes ?

« Il a commencé à faire un premier pas. C’est déjà une victoire. Mais pour moi, c’est un appel à continuer… » Dans une vidéo diffusée sur Facebook, Eric Drouet, l’un des visages des « gilets jaunes », appelle à la poursuite du mouvement, samedi, à l’occasion d’un « acte 5 ». Il estime ainsi qu’Emmanuel Macron pourrait céder à leurs revendications, étant donné qu’il a déjà fait un « premier pas » en annonçant des mesures sur le pouvoir d’achat. « Venant de Macron, c’est très inhabituel… »

Un mois après le début de la mobilisation et en dépit des annonces du chef de l’État, les « gilets jaunes » semblaient, vendredi, toujours motivés à poursuivre le mouvement et à manifester lors d’un « acte 5 ». Dans un communiqué envoyé à 20 Minutes, vendredi, des gilets jaunes de Montceau-les-Mines (Saône-et-Loire) justifiaient ainsi la poursuite de leur action : « Notre République et notre argent public ne sont pas gérés comme nous souhaiterions qu’ils le soient. »

Seul le collectif des « gilets jaunes libres » qui a fait dissidence du « canal historique » jugé trop radical, a appelé à une « trêve » estimant que « le temps du dialogue était venu ».

Que réclament les « gilets jaunes » ?

Les initiateurs du mouvement réclament désormais un référendum sur quatre propositions, notamment l’instauration d’un référendum d’initiative citoyenne mais aussi la baisse des taxes sur les produits de première nécessité.

« Ces demandes, c’est ce qu’on a recueilli via des sondages Facebook et on aimerait que le président les soumette aux citoyens par voie de référendum, a expliqué Priscillia Ludosky, une autre figure du mouvement. L’idée n’est pas d’imposer quoi que ce soit à qui que ce soit mais de faire un référendum pour voir si tout le monde est d’accord sur ces points. »

Doit-on s’attendre à une affluence aussi importante que lors de « l’acte IV » ?

Difficile de savoir si les « gilets jaunes » seront aussi nombreux que les 136.000 manifestants recensés par le ministère de l’Intérieur, samedi 8 décembre, sur l’ensemble du territoire. Si sur Facebook, leur canal de mobilisation favori, chaque vidéo est partagée et « likée » des milliers de fois, plusieurs indicateurs appellent à la prudence.

Ainsi, l’association Robin des bus, qui a amené des « gilets jaunes » nordistes à Paris depuis trois week-ends a annulé les départs prévus, samedi 15, en raison d’une faible mobilisation.

Comment se positionnent les différents partis politiques ?

Sans surprise, les représentants du gouvernement ont appelé à la « responsabilité » et à ne pas manifester. Encore plus depuis l’attentat de Strasbourg (Bas-Rhin) qui a fait ressurgir le spectre de la menace terroriste. « Je préférerais que les forces de l’ordre soient en train de faire leur vrai métier, c’est-à-dire poursuivre les criminels et diminuer le risque terroriste plutôt que de devoir sécuriser des ronds-points », a rappelé, vendredi sur Europe 1, Christophe Castaner, le ministre de l’Intérieur.

En parallèle, quinze organisations de gauche ont appelé, elles, à rejoindre le rassemblement prévu à 14h, place de la République à Paris, le seul à avoir fait l’objet d’une déclaration en préfecture. Patronne du rassemblement national, Marine Le Pen, elle, n’a pas donné de consigne mais a rappelé le droit constitutionnel à manifester.

De son côté, Jean-Luc Mélenchon, le leader de la France insoumise a maintenu son appel à la « révolution citoyenne ».

Quel est le dispositif policier prévu pour encadrer la mobilisation à Paris ?

Le week-end dernier, un total de 89.000 forces de l’ordre avaient été déployées sur le territoire. Sur RTL, vendredi matin, Michel Delpuech, le préfet de police de Paris a indiqué que le dispositif policier sera, dans la capitale, « assez semblable » à celui du 8 décembre, avec 8.000 forces de l’ordre déployées et appuyées notamment par 14 véhicules blindés à roues (VBRG).

Les fameux véhicules blindés de la gendarmerie, ici à Paris le 8 décembre.
Les fameux véhicules blindés de la gendarmerie, ici à Paris le 8 décembre. - E. Prodocimi - Sipa

Samedi dernier, 820 majeurs avaient été placés en garde à vue, à Paris. Mais, selon les calculs de 20 Minutes, 641 d’entre eux avaient fait l’objet d’un simple rappel à la loi et vu leurs procédures classées sans suite.