VIDEO. Attentat à Strasbourg: «Je crois que c’est fait», quand Christophe Castaner a appris la mort de Cherif Chekatt

INTERPELLATION Pendant que le ministre de l'Intérieur annonçait, à Strasbourg, la réouverture du marché de Noël, le suspect de l'attentat était neutralisé...

Alexia Ighirri

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Le ministre de l'Intérieur, Christophe Castaner, à Strasbourg, avec le  directeur départemental de la sécurité publique du Bas-Rhin, Jean-François Illy, et le préfet Jean-Luc Marx, le 13 décembre 2018. Lancer le diaporama
Le ministre de l'Intérieur, Christophe Castaner, à Strasbourg, avec le directeur départemental de la sécurité publique du Bas-Rhin, Jean-François Illy, et le préfet Jean-Luc Marx, le 13 décembre 2018. — MINISTERE INTERIEUR

Jeudi, deux jours après l'attentat au marché de Noël de Strasbourg, faisant au moins trois morts, le suspect de la fusillade Cherif Chekatt a été tué à 21h, au 74, rue de Lazaret, à la limite entre le quartier de Neudorf, où les forces de l’ordre avaient perdu sa trace mardi soir après l'attentat, et de la Meinau.

A 21h, le ministre de l’Intérieur Christophe Castaner prenait la parole à la préfecture du Bas-Rhin pour annoncer la réouverture du marché de Noël vendredi. Son propos ne dure que quelques minutes. Entouré du maire de Strasbourg, du premier adjoint, du président de l’Eurométropole et des représentants des forces de l’ordre, il rejoint une salle voisine. C’est là, qu’immédiatement, il apprend la neutralisation de Cherif Chekatt. Il se rend directement sur place, sans avoir connaissance des circonstances exactes de la mort du Strasbourgeois de 29 ans, fiché S.

« On se dit que, peut-être ce soir, il y aura une bonne nouvelle »

Le président de l’Eurométropole de Strasbourg Robert Herrmann était dans la salle avec le ministre de l’Intérieur quand la nouvelle est tombée. « Nous voyons les représentants de la police judiciaire, de la police nationale et le préfet être appelés pour dialoguer confidentiellement avec le ministre. Et nous voyons, sur les visages, des sourires apparaître. On se regarde et on se dit que, peut-être ce soir, il y aura une bonne nouvelle, raconte-t-il. Nous attendons, ils se regardent, ils vont, ils viennent et puis le ministre le dit : “Je crois que c’est fait”. »

A l’hôtel du préfet, personne n’en revient. Christophe Castaner a confirmé aux élus locaux que sa venue à Strasbourg n’avait rien à voir avec la neutralisation : c’est un hasard.

Interpellé par trois policiers

Il quittera la rue du Lazaret vers 21h40 pour revenir à la préfecture et préciser publiquement les faits. Cherif Chekatt a donc été repéré par trois policiers de la Brigade spécialisée de terrain (BST) dans un secteur où « des moyens particuliers avaient été mis en place en début de soirée, notamment un hélicoptère », a indiqué le ministre. Selon une source policière, l’homme tente avec difficulté d’ouvrir la porte de l’immeuble. Il « aurait fait semblant ou essayé d’ouvrir une porte », rapporte à son tour Robert Herrmann.

Les policiers constatent que l’individu correspond au signalement de la personne recherchée après la fusillade, ils l’interpellent. Christophe Castaner raconte que l’homme se retourne alors pour « faire face aux fonctionnaires de police, en tirant. Ils ont riposté et neutralisé l’assaillant. » Une source policière a souligné qu’il n’y avait pas de blessé dans les rangs des forces de l’ordre.

La partie haute de la rue de Lazaret est remplie de badauds, soulagés, et de médias. En s’approchant des barrages, les forces de l’ordre ont été chaleureusement applaudies par la population.