Quelles sont les formations universitaires gagnantes pour trouver un emploi?

INSERTION PROFESSIONNELLE Une étude du ministère de l’Enseignement supérieur parue ce jeudi démontre l’efficacité des formations professionnalisantes universitaires…

Delphine Bancaud

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Illkirch-Graffenstaden.IUT Robert Schumann. Des étudiants dans un amphi.
Illkirch-Graffenstaden.IUT Robert Schumann. Des étudiants dans un amphi. — G. VARELA / 20 MINUTES
  • Les diplômés de DUT n’ont pas de mal à décrocher un emploi, surtout ceux à coloration scientifique ou technologique.
  • Les licences professionnelles affichent de bons résultats aussi car beaucoup d’employeurs cherchent ce niveau de qualification intermédiaire qui correspond à leurs besoins de techniciens supérieurs.
  • Il existe des disparités entre disciplines concernant l’insertion professionnelle des masters, même si les chiffres sont globalement bons.

Les voix qui crient haut et fort que les formations universitaires ne sont pas adaptées aux exigences du monde du travail pourraient baisser d’un ton. Selon une enquête* du ministère de l'Enseignement supérieur parue ce jeudi, l’insertion professionnelle des diplômés de l’université est bonne et s’est même améliorée ces dernières années. 20 Minutes a décortiqué les chiffres pour déterminer les formations universitaires qui permettent de mieux s’insérer dans le monde du travail.

Les DUT cartonnent, surtout ceux à coloration scientifique ou technologique

Premier enseignement de cette étude : les jeunes titulaires d’un DUT sont très prisés sur le marché du travail. Le taux d’emploi à 30 mois de la promotion 2015 a même augmenté de 1 point pour les diplômés de DUT (91 %) et même de 4 points à 18 mois (86 %) par rapport à la promotion précédente. Et 68 % des emplois occupés à 30 mois sont stables, 60 % sont de niveau cadre ou professions intermédiaires. Seul bémol : le salaire net médian atteint 1.520 euros par mois, en recul de 20 euros au regard de la précédente promotion.

« Les DUT qui ont le meilleur taux d’insertion professionnelle sont ceux qui forment à des postes techniques, de conception, d’ingénierie qui sont très demandés et qui résistent à la transformation numérique », souligne Yannick L’Horty, professeur à l’université Paris-Est-Marne-la-Vallée et directeur de la fédération travail, emploi et politique publique du CNRS. D’autant que ces formations suivent bien les évolutions du marché de l’emploi, souligne le chercheur : « des comités de perfectionnement dans lequel siègent des représentants d’entreprise permettent de moduler le contenu des formations en fonction de changements technologiques intervenus ». Autre clé de la réussite des DUT selon lui : « Le poids de l’alternance dans ces formations. Cela explique aussi l’insertion rapide des jeunes, car ils sont directement opérationnels en sortant de formation », souligne Yannick L’Horty. Et les lycéens semblent bien conscients de la bonne réputation des DUT puisque les candidatures des élèves de terminale de terminale pour les DUT  ont progressé de 26% en 2018 par rapport à 2017.

Les licences professionnelles très appréciées par les recruteurs

Les licences professionnelles qui accueillent des titulaires de BTS ou de DUT dans 173 mentions ont le vent en poupe. D’autant que, selon l’enquête du ministère de l’Enseignement supérieur, 94 % des diplômés sont insérés à 30 mois, un chiffre en progression de 1 point. Le taux d’insertion à 18 mois est de 91 % pour la promotion 2015 (+1 point). Et le taux d’emploi stable à 18 mois est passé de 67 % à 81 % pour cette promotion. Quant au taux d’emploi de niveau cadre ou profession intermédiaire, il atteint 69 % et le salaire net médian 1.650 euros par mois (en progression de 40 euros par rapport à l’enquête de l’année dernière).

« Là aussi, ces bons chiffres s’expliquent par la bonne adaptation de ces diplômes aux exigences des entreprises. D’ailleurs, ces formations très ciblées font l’objet d’une remise à plat tous les 5 ans », explique Yannick L’Horty. Et le fait qu’elles forment des diplômés de niveau bac +3 est très apprécié par les entreprises : « Beaucoup d’employeurs cherchent ce niveau de qualification intermédiaire qui correspond à leurs besoins de techniciens supérieurs », poursuit le chercheur. Mais certaines licences professionnelles, comme celles de droit, d’économie et de gestion, offrent de meilleures conditions d’insertion professionnelle que celles de langues ou d’arts.

Les masters, une offre réduite et spécialisée qui ouvre sur des beaux débouchés

Les diplômés de masters ne galèrent pas trop longtemps pour trouver leur premier boulot. Car selon l’étude du ministère de l’Enseignement supérieur, 87 % des diplômés en 2015 étaient insérés à 18 mois (+1 point par rapport à la promotion 2014) et le taux d’insertion à 30 mois était de 91 %. Les conditions d’emploi sont de bonne qualité : 75 % des diplômés ont un emploi stable et 86 % occupent un emploi de catégorie cadre ou professions intermédiaires. Le salaire net médian augmente de 10 % entre 18 et 30 mois pour atteindre 1.980 euros par mois, soit 50 euros de plus que pour la promotion précédente ;

Mais il existe des disparités entre disciplines : le taux d’insertion à 30 mois des diplômés de master atteint 93 % en droit-économie-gestion (DEG), 92 % en sciences-technologie-santé (STS) tandis qu’il s’élève à 87 % en sciences humaines et sociales (SHS) et en lettres-langues-arts (LLA). De même, le taux d’emploi stable varie de 59 % à 81 % selon la discipline. Pour tous les diplômes, les emplois de cadres ou de professions intermédiaires sont nettement plus fréquents en STS (94 % pour les diplômes de master) que pour les autres disciplines.

« Toutes les études montrent en effet qu’en obtenant un diplôme supérieur, on augmente non seulement ses conditions d’accéder à un emploi, mais aussi ses perspectives de carrière et son niveau de rémunération », observe Yannick L’Horty. Autres raisons du succès de ces formations selon lui : « L’offre de masters est réduite dans chaque discipline, ce qui fait que les diplômés obtiennent des compétences pointues et n’ont pas de mal à se placer auprès des employeurs. Par ailleurs, l’alternance s’est beaucoup développée à ce niveau ces dernières années, ainsi que les stages obligatoires et les réseaux des anciens élèves », poursuit-il. Des liens plus étroits avec les entreprises qui facilitent forcément les embauches.

* Enquête réalisée entre décembre 2017 et avril 2018 sur les diplômés 2015.