Des poubelles enflammées lors de la manifestation des « gilets jaunes » à Marseille le 8 décembre.
Des poubelles enflammées lors de la manifestation des « gilets jaunes » à Marseille le 8 décembre. — GILLES BADER/SIPA

POUBELLE

Marseille: Barricade, feu, couvercle non refermé... pas belle la vie de poubelle

Alors que de nombreuses poubelles ont été incendiées à Marseille lors des manifestations, celles qui restent sont bien souvent mal refermées…

  • Il manque de nombreuses poubelles à Marseille après les différentes manifestations de ces dernières semaines.
  • Et lorsqu’il y en a, le personnel du service de collecte ne referme pas les couvercles, occasionnant là aussi des problèmes.

Il ne fait pas bon être un « citoyen écolo » ces derniers temps à Marseille. Les containers à poubelles se font rares ces derniers jours dans la deuxième ville de France. En cause, les récentes mobilisations des «  gilets jaunes » et des lycéens, notamment. Les manifestants n’hésitent pas à enflammer les containers.

Autour du lycée Périer, dans le 8e arrondissement, difficile de trouver un container pour y jeter ses déchets : la plupart ont été enflammés par les lycéens. La situation est la même dans le 6e arrondissement autour des lycées Charles Peguy et Don Bosco. Autour de la Canebière, ce sont les « gilets jaunes » qui ont enflammé bon nombre de poubelles pour tenter de ralentir l’avancée des CRS.

Une poubelle brulée après la mobilisation des lycéens à Marseille.
Une poubelle brulée après la mobilisation des lycéens à Marseille. - Adrien Max / 20 Minutes

Les sacs-poubelle s’entassent donc là où les containers étaient initialement disposés, à la merci du vent, de la pluie et des rats. Monique Cordier, adjointe à la propreté à la métropole, explique que « les containers n’ont pas été remis autour des lycées par crainte de nouvelles dégradations ». Au total, environ 250 ont été brûlés par les gilets jaunes et les lycéens, selon un décompte de la métropole, alors que les plus gros coûtent près de 1.000 euros.

« Odeur, rats, insalubrité, déchets »

Et lorsqu’elles sont encore présentes, d’autres problèmes persistent. « Depuis plusieurs mois les containers de rue ne sont jamais refermés par les services de collecte d’ordure », peste Ghislain Gabriel, un habitant de Noailles. Il suffit d’ailleurs de 30 minutes de marche dans les rues pour se rendre compte du panel : absence de poubelles, poubelles incendiées, ou couvercle non refermé.

Faute de poubelles, qui ont été incendiées, les habitants déposent leurs sacs à même le sol à Marseille.
Faute de poubelles, qui ont été incendiées, les habitants déposent leurs sacs à même le sol à Marseille. - Adrien Max / 20 Minutes

« Odeur, rats, insalubrité, déchets divers répandus par les pluies à travers les containers », sont autant de conséquences détaillées par Ghilsain. Les habitants se voient dans l’obligation de descendre de leur appartement pour refermer le couvercle après le passage des services de collectes. Une tache loin d’être « simple », puisque les couvercles sont « souvent bloqués par les racks en métal de rue ». Ils doivent donc sortir les poubelles des racks, refermer le couvercle, avant de réinstaller les poubelles à leur place initiale.

Le festin des goélands

« Dans toute la ville, les containers sont étiquetés d’une affichette expliquant pourquoi il est important de refermer les poubelles de ville. C’est grave de voir un service censé nettoyer la ville de ses déchets participer à ce point à l’insalubrité et à la prolifération de rat », dénonce Ghislain Gabriel.

Les couvercles de poubelles ne sont pas refermés à Marseille.
Les couvercles de poubelles ne sont pas refermés à Marseille. - Adrien Max / 20 Minutes

Benjamin habite, lui, rue Falque, dans le 6e arrondissement. Quatre containers sont disposés sous les fenêtres de son immeuble. « Ils ne les referment jamais après leur passage. Du coup, les goélands en profitent pour se faire des festins. Cet été, un goéland est venu frappé de son bec une plaque de polystyrène toute la nuit, je ne vous dis pas le vacarme », raconte-t-il.

Pour Monique Cordier, l’explication est simple : « selon les agents, les habitants jettent plus facilement leur déchet dans les containers lorsqu’ils sont ouverts. Lorsque nous les refermons, ils les déposent à côté. » La meilleure solution réside, selon elle, dans l’installation de gros bacs avec des pédales de levier.