Huit personnes sont mortes sous les décombres d'immeubles effondrés rue d'Aubagne à Marseille
Huit personnes sont mortes sous les décombres d'immeubles effondrés rue d'Aubagne à Marseille — Mathilde Ceilles / 20 Minutes

CATASTROPHE

Immeubles effondrés à Marseille: La mairie affirme être «fortement mobilisée», les sinistrés dénoncent des désinformations

Alors que la mairie explique être « fortement mobilisée » par le drame de la rue d’Aubagne, les frais, liés aux obsèques, de certaines familles n’ont toujours pas été remboursés…

  • Chaque soir, la mairie de Marseille envoie un communiqué pour faire état de l’avancement de la situation après la catastrophe de la rue d’Aubagne.
  • Si elle explique que « la ville de Marseille est fortement mobilisée », il n’en demeure pas moins que beaucoup de sinistrés se plaignent du manque de prise en charge et d’informations.
  • La prise en charge des funérailles des victimes, annoncées par la mairie alors que certaines familles n’ont toujours pas été remboursées, symbolise cet écart.

Quatre pages d’explications envoyées aux rédactions pour mettre en avant le travail effectué. Comme chaque soir depuis un mois environ, la mairie de Marseille fait un point sur la situation du drame de la rue d’Aubagne. Nombre de personnes et d' immeublesévacués, nombre de personnes relogées, nombre de repas servis, mise en place d’un « guichet unique ». Autant d’informations pour démontrer que « la ville de Marseille [est] fortement mobilisée », selon l’objet du dernier communiqué.

Malgré cette « forte mobilisation », le collectif du 5 novembre continue d’accueillir, lors de permanence, des sinistrés complètement perdus. Au Molotov, ou les sinistrés sont accueillis, chaque cas est particulier. Mais tous manquent cruellement d’informations.

« Les gens sont de plus en plus inquiets »

« La mairie parle d’un guichet unique, qui n’en est pas un. Les sinistrés doivent réexpliquer leur histoire à chaque professionnel qu’ils rencontrent dans ce lieu, ils n’ont pas de justificatifs de sinistre, ils courent après les tickets de restauration, ils ne savent pas jusqu’à quand ils seront à l’hôtel. Ça pédale complètement et les gens sont de plus en plus inquiets, Noël approchant », explique Cathy, membre du collectif.

Réintégrations d’immeubles, dont certains logements n’avaient pas été évacués, alors que tous les fluides n’ont pas été remis, suppression du petit-déjeuner pour les personnes hébergées dans des Appart’city, avant de faire marche arrière, sont autant de mésaventures illustrant ce décalage.

« Nous n’avons toujours pas été remboursés »

La prise en charge des funérailles des victimes cristallise surtout ce sentiment d’abandon. « Nous avons tout pris en charge, cela va de soi, c’est la moindre des choses », a déclaré le maire Jean-Claude Gaudin ce mardi matin sur France Bleu Provence. Pourtant, selon les témoignages de familles de victimes, et du collectif, c’est loin d’être le cas. « Nous n’avons toujours pas été remboursés, tout le monde se renvoie la balle », explique Linda, dont la maman est la cousine de Chérif, décédé dans l’effondrement de la rue d’Aubagne.

C’est le consulat d’Algérie qui a pris en charge le rapatriement du corps et nous en avons eu pour plus de 900 euros de billets d’avion. Nous n’avons pas reçu un centime. Je n’ai même plus de quoi acheter du lait pour ma fille et nous devons retourner en Algérie en décembre pour la levée du corps », se désole-t-elle.

« Ça suffit le mépris »

Une délibération devait pourtant être votée en conseil municipal lundi, avant que le maire ne le reporte. « La municipalité a décidé de prendre en charge les frais inhérents au transport des défunts et de leur famille proche, quels que soient ces lieux », est-il écrit sur le rapport prévu à cet effet. Mais selon nos informations, seule la dépouille d’Ouloume a effectivement été prise en charge par la mairie. « Il n’avait pas le choix, le prix pour les Comores est exorbitant, et le corps était à la morgue depuis 20 jours », croit savoir Linda.

Les familles, accompagnées par le collectif du 5 novembre, continuent de mettre pression sur les autorités. « La mairie s’y était engagée dès le 14 novembre, depuis rien n’a été fait. Ça suffit le mépris. J’avais déjà insisté pour qu’ils prennent en charge les frais des accompagnants, pas uniquement des descendants et ascendants, ils m’avaient assuré que oui. Au final, cela ne figure pas dans la délibération », regrette Kaouther Ben Mohamed, membre du collectif. Depuis la mort de ces huit personnes, aucun proche n’a été reçu par Jean-Claude Gaudin.