Blocage des lycées à Nantes: «On ne rapporte pas d'argent donc on n'intéresse pas», pestent les lycéens

MANIFESTATION Les élèves participant aux blocages de lycées expliquent leur inquiétude et leur sentiment de ne pas être écoutés…

Frédéric Brenon

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Blocage du lycée Les Bourdonnières à Nantes.
Blocage du lycée Les Bourdonnières à Nantes. — F.Brenon/20Minutes
  • Plusieurs lycées de l’agglomération nantaise sont de nouveau bloqués ce mardi.
  • Les lycéens disent avoir été oubliés par le discours d’Emmanuel Macron.
  • Ils se mobilisent contre Parcoursup, la réforme du bac. Plus globalement, ils sont inquiets pour leur orientation.

Si certains établissements connaissent un retour au calme ce mardi, plusieurs lycées de l’agglomération nantaise sont à nouveau perturbés par des blocages ou tentatives de blocages d’élèves mobilisés « contre le dispositif Parcoursup » ou « contre la réforme du baccalauréat ». Au lycée des Bourdonnières, au sud de Nantes, les accès sont bloqués pour la deuxième journée consécutive par des poubelles et divers éléments de chantier.

Après un face-à-face matinal tendu avec les forces de l’ordre, la plupart des lycéens sont rentrés chez eux. Les plus motivés tuent le temps, par petits groupes, en commentant l’actualité. En premier lieu l’intervention du président de la République lundi soir.

« Un sentiment de ne pas être considérés »

« Macron n’a absolument pas parlé des jeunes, s’indigne Mewen, en terminale S. Il y a 450 lycées mobilisés un peu partout en France et il n’en dit rien. On leur tourne le dos. C’est lamentable. » « On ne rapporte pas d’argent, on ne bloque pas l’économie. Donc on n’intéresse pas. Ça me met encore plus en colère », regrette Lilou, en terminale L. « On ne surfe pas sur le mouvement “gilets jaunes”, assure Noé, tout juste 18 ans. Ce qui s’exprime dans les lycées traduit une peur de l’avenir et un sentiment de ne pas être considérés. Ça faisait des années que ça couvait. »

Ces lycéens reprochent au dispositif Parcoursup son « système de sélection et les réponses tardives ». A la réforme du bac son « contrôle continu organisé par les établissements » et le « risque d’un diplôme qui n’aura pas la même valeur si l’on vient d’un lycée réputé ou pas ». Ils s’inquiètent aussi du « programme d’éducation civique abstrait qui ne correspond pas aux attentes des jeunes » ou des choix d’orientation qui « dès la seconde n’ont pour but que de former aux filières d’enseignement supérieur »…

« On aimerait être acteurs de nos études »

« On ressent beaucoup de pression sur les épaules, résume Lilou. On nous demande de choisir vite, de penser aux formations où il y a de l’emploi, alors que, pour la plupart d’entre nous, on ne sait même pas quel métier on veut faire. Ça n’a pas de sens. » « On n’a jamais vu autant de monde dans les salons d’orientation, c’est bien qu’il y a un problème à ce niveau-là dans les lycées », ajoute un camarade. « Il faudrait des programmes plus souples, plus personnalisés, suggère Mewen. Ça devrait être à l’Education nationale de s’adapter aux élèves, pas l’inverse. »

Noé, en terminale L, conclut. « On aimerait être acteurs de nos études. On ne veut pas subir un système dans lequel la chance ou le portefeuille choisissent pour nous. Même s’ils ne se mobilisent pas, on a d’ailleurs pas mal de profs qui nous soutiennent. »

Un appel à manifester ce mardi après-midi dans les rues de Nantes a été lancé.