«Gilets jaunes» à Toulouse: Des peines de prison ferme après les violences urbaines de samedi

BILAN Parmi les 42 personnes interpellées samedi dernier, certaines ont fait l’objet de condamnations lundi en comparution immédiate. Les investigations se poursuivent pour identifier les casseurs…

Béatrice Colin
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Samedi 8 décembre, à Toulouse, lors des violences urbaines en marge de la manifestation ndes
Samedi 8 décembre, à Toulouse, lors des violences urbaines en marge de la manifestation ndes — Theo Renaut / SIPA
  • Samedi, en marge de la manifestation des « gilets jaunes », 42 personnes ont été interpellées à Toulouse et dans l’agglomération.
  • Certaines personnes ont été jugées dès lundi en comparution immédiate, écopant de peines allant de huit mois de prison, dont quatre avec sursis, à deux ans ferme.

Des barricades en feu avec des flammes de 10 mètres de haut, des commerces saccagés ou encore des voitures brûlées. Samedi, des violences urbaines​ ont eu lieu dans plusieurs endroits de la ville, en marge de la manifestation des « gilets jaunes » qui avait rassemblé près 5.500 personnes.

Au cours de la journée, les forces de l’ordre ont placé 42 personnes en garde à vue dans le département, parfois avant même le départ de la manifestation.

Certains avaient sur eux des boulons, des couteaux, des aérosols sur lesquels étaient scotchés des pétards et même une bombe artisanale avec de l’acide.

Des zadistes parmi les interpellés

Lundi, plusieurs personnes ont été jugées en comparution immédiate pour leur « participation à un groupement en vue de commettre des destructions » mais aussi pour « des violences aggravées ». Quatre d’entre eux ont été condamnés à des peines allant de 8 mois de prison dont quatre avec sursis à deux ans de prison ferme.

« Parmi les interpellés, il y a une part notable de personnes ayant des antécédents judiciaires, certains de droit commun, d’autres évoluant dans les milieux extrémistes et des casseurs au profil dangereux », a indiqué lundi soir Dominique Alzéari, le procureur de la République de Toulouse. Parmi eux, d’anciens zadistes notamment de Notre-Dame-des-Landes ou Sivens.

Le maire de Toulouse, Jean-Luc Moudenc (LR), qui s’est « infiltré » dans la manifestation de samedi dernier, affirme de son côté avoir « vu des membres de l’extrême droite et de l’extrême gauche ensembles pour caillasser la police ».


Selon le chef du parquet, au total, sur les 35 personnes poursuivies, onze passeront en comparution immédiate, d’autres écoperont de travaux d’intérêt général, d’heures de travail non rémunéré (TNR) ou feront l’objet d’une procédure de plaider-coupable.

Travail d’identification des casseurs

« Samedi, nous avons eu à Toulouse 500 personnes ultra-violentes, dont certaines avaient revêtu des gilets jaunes pour se fondre au milieu des manifestants. Elles s’en sont prises aux forces de l’ordre, aux commerces, à tout ce qui peut symboliser l’argent comme les banques ou les assurances. Et puis il y avait aussi un certain de nombre de pillards », a relevé de son côté le préfet de la Haute-Garonne, Etienne Guyot.

Au-delà des interpellations, le procureur de la République a par ailleurs indiqué que des investigations étaient en cours pour identifier les auteurs du saccage des 41 commerces touchés par les dégradations, parfois complètement détruits. Cela passe par un travail sur les empreintes, mais aussi sur les réseaux sociaux.