Agriculture: Le monde paysan, très en colère, va manifester contre «l’agri-bashing» et les taxes à partir de lundi

AGRICULTURE Dès ce lundi 10 décembre, le monde paysan devrait faire entendre sa colère contre un sentiment de dénigrement et des taxes jugés trop élevées par rapport au revenu moyen...

JLD

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Des actions seront menées dans toute la France selon plusieurs syndicats
Des actions seront menées dans toute la France selon plusieurs syndicats — AFP

Le monde paysan est en colère et compte le faire savoir dès ce lundi 10 décembre, avec des actions menées dans l’ensemble du pays, indique l’AFP. Une date choisie volontairement pour ne pas faire doublon avec les « gilets jaunes », la marche pour le climat ou toutes autres manifestations ayant eu lieu ce week-end déjà bien chargé niveau revendication, afin d’éviter les amalgames.

Le ministère de l’Agriculture a bien tenté de calmer le jeu en annonçant que l’ordonnance de la loi Alimentation, qui prévoit notamment un relèvement du seuil de revente à perte et un encadrement des promotions, serait présentée expressément dès mercredi 12 décembre au conseil des ministres. Mais cela n’a pas eu l’effet escompté, la FNSEA, syndicat majoritaire des agriculteurs et les Jeunes agriculteurs maintenant l’appel à manifester.

Marre de l’agri-bashing

Car au-delà de dénoncer les taxes (« Aujourd’hui, l’écologie ce n’est plus que ça », a ainsi indiqué à l’AFP Philippe Pinta, président de l’AGPB), les agriculteurs se disent lassés par un sentiment plus général « d’agri-bashing », qui viserait à les dénigrer constamment et à les faire passer pour des pollueurs et des monstres, notamment en raison de l’usage de pesticide.

« L’agri-bashing vient en grande partie des ONG environnementales, mais aussi des décisions du gouvernement, comme la plateforme glyphosate », a ainsi dénoncé Philippe Pinta. Cette plateforme permet aux agriculteurs de déclarer qu’ils arrêtent l’utilisation de l’herbicide controversé de Mosanto, et de partager leurs expériences. Une plateforme vécue comme une « humiliation par les agriculteurs », selon Christiane Lambert, présidente du FNSA.

Le soutien du ministre ne suffit pas

Une colère qui est montée jusque dans les hautes sphères, le ministre de l’Agriculture Didier Guillaume, affirmant même être « un bouclier face à l’agri-bashing », et dénonçant la validité d’une cartographie des « fermes-usines » en France publiée par Greenpeace, qui avait provoqué un tollé dans le monde agricole. L’ONG a d’ailleurs fini par présenter ses excuses, reconnaissant plusieurs erreurs dans sa carte.

Mais une fois de plus, les actions du ministère semblent loin de suffire à apaiser les tensions. « Les nouveaux députés sont plutôt hors sol, on va les amener dans les fermes, et leur expliquer la vraie vie », a ainsi prévenu Philippe Pinta.