«Gilets jaunes»: Bordeaux, Lyon, Narbonne... Des heurts violents dans plusieurs villes en région

MANIFESTATION Bordeaux, Toulouse, Nantes... Dans certaines villes de province, les manifestations de «gilets jaunes» ont donné lieu à des heurts violents, qui ont occasionné des blessés et entraîné des interpellations...

M.B. avec AFP

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La manifestation des «Gilets jaunes» a encore débouché sur des violences à Toulouse, le 8 décembre 2018.
La manifestation des «Gilets jaunes» a encore débouché sur des violences à Toulouse, le 8 décembre 2018. — R. Gabalda / AFP

Les violences ne sont pas juste à Paris. Dans certaines villes en région, les manifestations de «gilets jaunes» ont donné lieu à des heurts violents, qui ont occasionné des blessés et entraîné des interpellations.

  • Toulouse

Feux de poubelles, barricades et un maire «effrayé par la violence»: quelque 5.500 personnes ont défilé à Toulouse (sud de la France), avant d'être refoulées hors du centre-ville à coups de gaz lacrymogènes. Des incidents violents se sont produits à plusieurs endroits de la ville rose.

Le maire, Jean-Luc Moudenc, a dit à l'AFP s'être «infiltré, un peu camouflé» parmi les manifestants et avoir été effrayé «par cette violence absolue». «Il n'y a plus de revendication, c'est la violence pure», a-t-il déclaré.

  • Bordeaux

Barricades incendiées en pleine rue piétonne décorée pour Noël, épais gaz lacrymogène faisant disparaître la cathédrale et la mairie : le centre de Bordeaux (sud-ouest) a connu samedi de gros débordements lors de l'acte IV de la mobilisation des «gilets jaunes». La manifestation a commencé dans le calme avant de dégénérer sur la grande place bordée par la mairie et la cathédrale Saint-André. Des «gilets jaunes» pacifiques ont tenté en vain de dissuader les plus violents en se mettant à genoux, en agitant des drapeaux blancs ou en huant les casseurs.

  • Lyon

Des milliers de «gilets jaunes» ont envahi Lyon samedi, se mêlant le soir aux badauds et aux touristes venus pour la Fête des Lumières, tandis que des heurts opposaient manifestants et forces de l'ordre qui ont répliqué par des tirs de gaz lacrymogènes. Le maire de Lyon et ancien ministre de l'Intérieur Gérard Collomb s'est montré en début de soirée place Bellecour, au coeur de la ville, où se sont poursuivis de manière intermittente de violents affrontements entre groupes de jeunes et policiers déployés en force. Le calme était revenu peu avant 20H00, a indiqué la préfecture.

  • Nantes

Quelque 3.000 personnes ont défilé à Nantes (ouest), aux côtés de manifestants portant un brassard vert et qui marchaient pour le climat. «Une minorité a dégradé des biens publics et privés et cherché l'affrontement avec les forces de l'ordre qui ont subi de nombreux jets de projectiles», selon la préfecture. Les marchés de Noël ont fermé dans l'après-midi et le préfet a interdit la vente d'alcool jusqu'à dimanche midi.

  • Narbonne

«Gilets jaunes», agriculteurs, motards, viticulteurs, quelque 1.600 personnes, selon la préfecture, venues des quatre coins de l'Aude, ont manifesté dans le centre de Narbonne (sud) où un péage autoroutier avait été incendié et saccagé le week-end dernier. Brandissant des drapeaux occitans et tricolores, les manifestants ont fait dévaler un tracteur sur les marches du palais de justice de Narbonne.

  • Saint-Etienne

Près de 200 jeunes ont affronté les forces de l'ordre qui voulaient les empêcher d'accéder à la préfecture de la Loire, en centre-ville. Les gros bataillons de «gilets jaunes» - évalués officiellement à près de 2.000 personnes - sont arrivés dans le centre-ville alors que les affrontements étaient engagés. Des manifestants se sont positionnés devant une bijouterie de la Grand'Rue pour empêcher son pillage par des casseurs et ont aidé deux employés bloqués à l'intérieur à se glisser sous le rideau métallique, a constaté l'AFP.

  • Le Puy-en-Velais

Plus de 1.500 «gilets jaunes» ont défilé dans le calme samedi au Puy-en-Velay, un des points forts de leur contestation, mais la situation s'est tendue en fin de journée. Quelque 500 manifestants ont tenté de brûler un panneau près des grilles de la préfecture avant d'être dispersés par les forces de l'ordre. Ils se sont alors rendus devant le centre des finances publiques, là encore pour allumer un feu, avant d'être évacués. Samedi dernier, la préfecture avait été incendiée.

  • Près de Caen

Depuis 15H00, les «gilets jaunes» jouaient au chat et à la souris avec les forces de l'ordre sur l'aire de parking du centre «Mondeville II» qu'ils occupent depuis la matinée. Sur le périphérique, occupé en début d'après-midi par «plus de 200 manifestants», des «interpellations d'individus particulièrement agressifs ont été réalisées», a indiqué la préfecture du Calvados.