Mantes-la-Jolie: Un syndicat lycéen porte plainte après l'arrestation de 151 jeunes

JUSTICE Cette plainte a été déposée auprès du procureur de la République de Versailles pour « violences sur mineurs de 15 ans et plus par personne dépositaire de l’autorité publique »... 

M.P. avec AFP

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La police interpelle des lycéens aux abords du lycée Saint-Exupéry, à Mantes-la-jolie, dans les Yvelines, le 6 décembre 2018.
La police interpelle des lycéens aux abords du lycée Saint-Exupéry, à Mantes-la-jolie, dans les Yvelines, le 6 décembre 2018. — AFP

Je ne dis pas que c’est la méthode la plus optimale, je dis qu’elle n’est pas contraire aux lois et règlements. » C’est avec ces mots que le préfet des Yvelines, Jean-Jacques Brot, a assumé pleinement les conditions d'arrestation de 151 jeunes jeudi, à Mantes-la-Jolie.

Le syndicat lycéen UNL-SD dénonce, lui, le recours à une telle méthode et vient de déposer une plainte. Cette plainte, notamment pour « violences sur mineurs de 15 ans et plus par personne dépositaire de l’autorité publique », a été déposée auprès du procureur de la République de Versailles.

Toutes les gardes à vue ont été levées vendredi

Au total, 151 jeunes âgés de 12 à 21 ans ont été interpellés aux abords d’un lycée de cette ville des Yvelines où des heurts ont eu lieu au cours de mobilisations contre les réformes du gouvernement. La grande majorité d’entre eux a entre 16 et 18 ans. Leur interpellation a été filmée par un auteur jusque-là inconnu et les images diffusées sur Internet.

Sur ces images, des dizaines de lycéens, en rang, à genoux dans la terre et les mains sur la tête, sont tenus en respect par des policiers. D’autres, face tournée contre un mur, ont les mains attachées dans le dos. Toutes les gardes à vue ont été levées vendredi en milieu d’après-midi et, parmi les interpellés, au moins deux tiers ont été relâchés après un simple rappel à la loi.

« Des actes de torture et de barbarie sur mineurs »

La plainte vise donc également des faits d'« actes de torture et de barbarie sur mineurs par personne dépositaire de l’autorité publique et en réunion », « violations de libertés individuelles » et « diffusion illégale d’images de personnes identifiables mises en cause dans une procédure pénale ».

Les avocats du syndicat lycéen demandent en outre le dépaysement de la procédure, expliquant qu’elle visait des fonctionnaires de police et pouvait impliquer des membres des services du parquet de Versailles. Le Défenseur des droits a de son côté annoncé l'ouverture d'une enquête.