L’armée française mobilisée contre les «gilets jaunes»? C'est faux

FAKE OFF Des internautes s'inquiètent (à tort) d'un déploiement de l'armée contre les « gilets jaunes » le 8 décembre... 

Alexis Orsini

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Le défilé militaire du 14-Juillet.
Le défilé militaire du 14-Juillet. — Nicolas Messyasz/SIPA
  • Sur les réseaux sociaux, plusieurs publications relayent les mêmes images de véhicules militaires (ou supposés militaires).
  • Ils feraient route vers Paris pour être utilisés contre les « gilets jaunes » mobilisés le 8 décembre.
  • C'est faux, comme l'indique l'armée de Terre à « 20 Minutes ». 

« Un dispositif de grande envergure ». C’est ce qu’a annoncé le ministre de l’Intérieur, Christophe Castaner, pour faire face à la nouvelle journée de mobilisation des « gilets jaunes » ce samedi.

Si 89.000 policiers et gendarmes seront mobilisés en conséquence dans tout le pays – dont 8.000 à Paris, où certains manifestants, comme Eric Drouet, ont annoncé vouloir d’« entrer dans l’Elysée » –, de nombreux internautes redoutent (de nouveau) une intervention de l’armée.

Plusieurs photos de véhicules militaires (ou présentés comme tels) circulent ainsi sur les réseaux sociaux. Sur Facebook, un post viral publié par un internaute allemand qui soutient le parti d’extrême droite AfD affirme notamment : « Comme je l’ai appris de première main […], d’énormes convois militaires se rendent [vers] Paris ! […] Macron fait passer l’armée par une porte dérobée juridique, à savoir la "Protection des monuments" ».

« L’armée arrive à Paris, ça va être chaud ce week-end », « C’est sous Macron que des blindés et que l’Armée font mouvement sur Paris pour réprimer une manifestation #GiletsJaunes » s’inquiètent pour leur part d’autres internautes sur Twitter, en relayant les mêmes photos. Mais leurs craintes restent infondées.

FAKE OFF

Contactée par 20 Minutes, l’armée de Terre indique « qu’elle ne sera en aucune façon impliquée dans le dispositif de sécurité des manifestations de ce samedi ».

Elle précise par ailleurs que les photos des « GBC 180 » partagées sur les réseaux sociaux ne montrent pas une situation exceptionnelle : « C’est simplement dû à des déplacements de véhicules d’une garnison militaire à une autre, pour des raisons de service courant. Ces déplacements ont lieu pratiquement tous les jours sur les routes de France, sans avoir un lien particulier avec […] l’actualité politique ».

En outre, le véhicule bleu – que certains internautes s’imaginent au service de « l’armée européenne » en raison de son drapeau étoilé – ne relève pas de l’armée : il s’agit d’un des véhicules blindés à roues de la gendarmerie (VBRG), comme le confirme cette dernière à 20 Minutes. Elle précise au passage que ce drapeau est parfois apposé sur des VRBG lorsqu’ils sont utilisés par des gendarmes mobiles d’autres pays d’Europe venus s’entraîner au Centre national d’entraînement des forces de gendarmerie (CNEFG), situé en Dordogne.

Leur déploiement, d’abord annoncé par Edouard Philippe le 7 décembre, a été confirmé par Christophe Castaner. On identifie d’ailleurs plus clairement le véhicule, avec l’inscription « Gendarmerie », sur une vidéo Facebook tournée par un(e) automobiliste.

Visiblement informé des rumeurs circulant sur une intervention de l’armée, Christophe Castaner s’est fendu d’une précision lors de son point presse : « Ce n’est pas l’armée. Ce ne sont pas des chars. Ce sont des moyens spécialisés de la gendarmerie nationale. »

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