Blocage des lycées à Grenoble: «J’avais un grand trou dans le menton»… Une jeune fille «défigurée» par tir de lanceur de balle de défense

FAITS DIVERS Doriana (16 ans) a été grièvement blessée mardi à la suite d’un tir de la police en pleine manifestation à Grenoble…

J.Lau.

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Photo d'illustration d'un blocage de lycée, ici celui de Branly, mardi à Lyon.
Photo d'illustration d'un blocage de lycée, ici celui de Branly, mardi à Lyon. — Jérémy Laugier/20 Minutes

Doriana (16 ans) n’est pas près d’oublier cette semaine de blocage de lycées en France. Mardi, cette élève d’un établissement professionnel de Grenoble a été grièvement blessée par un tir de lanceur de balle de défense, lors d’une manifestation en centre-ville. « J’ai perdu deux dents et je risque d’en perdre d’autres, confie-t-elle au Parisien. J’ai été opérée pendant quatre heures. Les médecins ont été obligés de reconstruire ma mâchoire inférieure avec des plaques, des vis, des élastiques. »

Doriana assure n’avoir lancé aucun projectile contre les forces de l’ordre. « Ils se sont mis à charger. Et j’ai ressenti un grand coup dans ma bouche. Ils ont tiré alors qu’ils n’étaient qu’à 4 ou 5 mètres. J’étais en sang. Lorsque je me suis regardée dans un miroir, c’était affreux. J’avais un grand trou dans le menton par lequel je pouvais respirer, même avec la bouche fermée. »

« Il y a eu une faute très grave de la police »

Ses parents ont porté plainte et le parquet de Grenoble a ouvert une enquête, tout en saisissant l’Inspection générale de la police nationale (IGPN). Au moins trois autres adolescents ont été touchés par ce type d’arme, cette semaine en Isère. Egalement interrogés par Le Parisien, les parents de Doriana sont sous le choc.

« Ils l’ont défigurée, assène sa mère. Aujourd’hui, j’ai de la colère, de la rage. » Quant à son père, il l’assure : « On ira jusqu’au bout pour faire reconnaître cette erreur. Il y a eu une faute très grave de la police. On ne tire pas sur une enfant »