Transport: Les syndicats FO et CGT lèvent leur appel, la grève des routiers annulée

CRISE SOCIAL « Si les employeurs ne respectent pas leurs paroles et leurs écrits, si le gouvernement dans sa loi ne respecte pas ses engagements, un conflit dur pourrait débuter à tout moment d’ici à l’été 2019 », a prévu FO…

20 Minutes avec AFP

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A Donges comme à Rennes, les routiers mènent des actions de blocage depuis lundi.
A Donges comme à Rennes, les routiers mènent des actions de blocage depuis lundi. — SEBASTIEN SALOM GOMIS/SIPA

La grève des routiers n’aura finalement pas lieu. Après avoir été rassurés par des engagements écrits du patronat et du gouvernement sur la rémunération de leurs heures supplémentaires, les syndicats  FO et la CGT ont annoncé, ce vendredi, la levée de leur appel à la grève.

Vendredi matin, FO a été la première à annoncer la levée de son appel à une grève illimitée à partir de dimanche soir, en plein mouvement des « gilets jaunes ». Même décision en fin de matinée à la CGT, a indiqué le syndicat. Compte tenu des « engagements pris par les organisations patronales et le gouvernement sur le respect des majorations de 25 % et 50 % des heures supplémentaires », la CGT considère que ces taux sont désormais « sécurisés », a expliqué Fabrice Michaud, secrétaire général de la CGT-Transports.

« Un conflit dur pourrait débuter à tout moment d’ici à l’été 2019 »

« Toutefois », a prévenu de son côté FO-Transports et Logistique, « si les employeurs ne respectent pas leurs paroles et leurs écrits, si le gouvernement dans sa loi [d’orientation des mobilités, LOM] ne respecte pas ses engagements, un conflit dur pourrait débuter à tout moment d’ici à l’été 2019 ». La CGT-Transports « a pris acte des engagements écrits » du patronat et du gouvernement sur les heures supplémentaires, mais « sera plus que vigilante » pendant l’examen au Parlement du projet de la loi d’orientation des mobilités, a-t-elle averti dans un communiqué.

Les deux syndicats avaient consulté leur base après avoir reçu jeudi des courriers des quatre organisations d’employeurs représentatives du secteur, la FNTR, TLF, OTRE et la CNM, après une réunion organisée entre l’ensemble des syndicats des chauffeurs routiers et la ministre des Transports Élisabeth Borne. Dans ces lettres, la FNTR, TLF, OTRE et la CNM s’engagent à conserver les taux de majoration de 25 % et 50 % appliqués aux heures supplémentaires des chauffeurs routiers. « Tout accord d’entreprise qui dérogerait à ces taux serait illégal », ont écrit ces quatre organisations patronales, reprenant les termes de la ministre.

Un appel à la grève commun

FO et la CGT avaient dénoncé lundi une décision du Conseil d’État qui avait annulé en novembre les dispositions d’un décret de 2016 fixant des majorations dérogatoires de 25 % et 50 % aux heures supplémentaires des routiers. Le Conseil d’État avait été saisi par la FNTR et TLF. Mardi, les deux syndicats de routiers avaient lancé ensemble leur appel à la grève.

L’article 42 du projet de loi d’orientation des mobilités, « qui vient d’être présenté en Conseil des ministres, prévoit de sécuriser le fait que l’accord de branche (sur les heures supplémentaires) continuera de prévaloir […]. L’annulation de ce décret prenant effet dans neuf mois, cela laisse pleinement le temps au projet de loi d’être adopté », a expliqué le ministère.