Prof poignardé à mort à Courbevoie: Le suspect, un ancien élève, «obnubilé» par son renvoi, en voulait personnellement à la victime

MEURTRE L’ancien étudiant a reconnu « qu’il a tué son enseignant de plusieurs coups de couteau »...

L.Gam. avec AFP

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Le pôle universitaire Leonard-de-Vinci à Courbevoie, le 5 décembre 2018.
Le pôle universitaire Leonard-de-Vinci à Courbevoie, le 5 décembre 2018. — AFP

Un professeur d’université a été mortellement blessé mercredi. Le suspect, un ancien étudiant pakistanais du pôle universitaire privé Léonard-de-Vinci à Courbevoie, a livré sa version des faits aux enquêteurs. « Très difficile à interroger », l’homme de 37 ans s’est montré, lors de ses premières auditions par les enquêteurs de la police judiciaire des Hauts-de-Seine, « totalement obnubilé par son éviction de la fac », a souligné Catherine Denis, procureure de la République de Nanterre, lors d’une conférence de presse ce jeudi.

L’ancien étudiant, de nationalité pakistanaise, sans domicile fixe et en situation irrégulière sur le sol français depuis septembre 2017, son visa ayant expiré, a reconnu « qu’il a tué son enseignant de plusieurs coups de couteau », a-t-elle dit. Il en voulait à ce professeur d’anglais de 66 ans, de nationalité irlandaise, d’avoir « fait un dessin qu’il aurait diffusé en cours en 2016 » et qu’il avait considéré comme « insultant pour le Prophète ». Mais « rien ne permet d’accréditer » sa version car « personne ne se souvient d’un tel incident », a précisé la magistrate.

Jusque-là « sans trouble à l’ordre public »

Le suspect n’est « connu d’aucun service de renseignement », n’a « aucun antécédent judiciaire »  et, « à ce stade, nous n’avons pas d’élément de radicalisation mais plutôt le sentiment d’avoir affaire à quelqu’un qui est très religieux, très pieux, très pratiquant », a précisé Catherine Denis. Entré en France avec un visa étudiant en 2016, le suspect de nationalité pakistanaise avait effectué sa première année d’étude en école de management sans la valider complètement, ce qui avait entraîné son renvoi. Depuis, selon la procureure, il ne cessait de revenir dans l’établissement pour contester cette décision, jusque-là « sans trouble à l’ordre public » toutefois, a-t-elle souligné.

Le jour des faits, les images filmées par une caméra de vidéosurveillance de la faculté montrent le suspect discutant « calmement » avec la victime devant l’établissement avant qu’il ne l’attaque avec un couteau à viande dissimulé sur lui, le blessant mortellement. Au total, l’autopsie pratiquée dans la matinée a révélé 23 plaies dont cinq à la tête, trois au cou, six au thorax et plusieurs « lésions de défense » au bras.

Appréhendé sur place par des témoins et le personnel de sécurité de l’université, l’homme a été placé en garde à vue mercredi pour le chef d'« assassinat ». Il avait en effet acheté son arme plus tôt dans la matinée dans un supermarché de Colombes, une commune toute proche. Interrogée sur le profil psychologique du suspect, la procureure a indiqué qu’il n’était « pas délirant mais en décalage avec les faits ».