Blocage des lycées: Nouvelle journée de mobilisation, plus de 700 interpellations

CONFLIT SOCIAL Face aux débordements, certains établissements seront fermés vendredi et samedi, notamment dans l'Oise...

20 Minutes avec AFP

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Des violences ont éclaté au lycée Saint-Charles, à Marseille, le 6 décembre 2018.
Des violences ont éclaté au lycée Saint-Charles, à Marseille, le 6 décembre 2018. — FREDERIC MUNSCH/SIPA

Environ 280 lycées et collèges en France ont été de nouveau perturbés jeudi, dont 45 bloqués, par des élèves et plusieurs incidents ont été recensés, conduisant à plus de 700 interpellations au total.

« On est sur des chiffres à peu près similaires aux jours précédents », a indiqué à l’AFP le ministère de l’Education nationale. « Selon les établissements, les situations sont très hétérogènes, entre les blocages totaux, partiels, les barrages filtrants, des feux de palettes… ». Les syndicats lycéens ont appelé à maintenir la pression et intensifier le mouvement jeudi par une « mobilisation générale » avant des manifestations vendredi.

Plus de 700 d’interpellations

Dans les Yvelines, 148 personnes ont été interpellées devant un lycée de Mantes-la-Jolie pour « participation à un attroupement armé » après des heurts et dégradations, a indiqué à l’AFP le commissaire de la ville, assurant vouloir ainsi « interrompre un processus incontrôlé ». Ces arrestations ont eu lieu après de nouveaux incidents à proximité du lycée Saint-Exupéry, où deux voitures ont été incendiées jeudi et où des heurts ont éclaté avec la police, a constaté une journaliste de l’AFP.

Dans les Hauts-de-Seine, 35 personnes ont été placées en garde à vue après des échauffourées devant des lycées.

En Seine-Saint-Denis, la situation a été tendue dans la matinée devant plusieurs établissements.

Devant le lycée Henri-Wallon à Aubervilliers, où des élèves ont partiellement bloqué l’entrée dans la matinée, Zelal a déclaré : « On bloque pour la nouvelle réforme, Parcoursup, l’état du lycée aussi : il est vieux, on n’a pas de foyer ».

Dans l’Essonne, 29 personnes ont été interpellées. « Si ça finit mal, c’est la faute des flics qui nous empêchent de nous rassembler », a dit aussi Majid, un lycéen de l’Essonne.

Dans le Val-de-Marne, environ 150 jeunes, dont certains portaient des gilets jaunes, se sont rassemblés devant le lycée polyvalent de Cachan. « La hausse des carburants, c’est nous qui allons la payer plus tard », a dit Inès, en Première.

A Toulouse, les blocages se sont poursuivis et une manifestation a été ponctuée de violences. Onze personnes ont été blessées -8 policiers, 2 lycéens et un proviseur, ainsi qu’un journaliste bousculé, a indiqué la préfecture.

A Orléans, au lycée Jacques-Monod, où un élève a été grièvement blessé par un tir de lanceur de balles de défense mercredi, la proviseur avait appelé les élèves à « ne pas rejoindre le lycée jeudi et vendredi ».

Des tensions ont été constatées à Grenoble et son agglomération, ainsi qu’à Annecy, et la police a procédé à des interpellations. Un élève a été blessé à Béziers (Hérault). Quelques incidents ont éclaté dans l’académie de Strasbourg avec des pétards et fumigènes lancés par endroits, ainsi qu’à Mulhouse. Quelque 900 lycéens ont manifesté dans les rues de Clermont-Ferrand, selon la police. Des manifestations qui ont donné lieu à des heurts avec la police devant plusieurs établissements de la ville. A Bordeaux, six mineurs interpellés sont encore en garde à vue. A Marseille, une vingtaine d’établissements ont été touchés, avec des « blocages plus ou moins filtrants », selon le rectorat.

17 lycées fermés dans l’Oise par arrêté préfectoral

« Plusieurs lycées » de l’Oise seront fermés vendredi et samedi par arrêté préfectoral pour éviter les débordements, a indiqué la préfecture à 20 Minutes, confirmant une information de France Bleu Picardie. La liste exacte des 17 établissements a été publiée par plusieurs municipalités sur Facebook, notamment par la mairie de Balagny-sur-Thérain.

« Sous prétexte des ''gilets jaunes'', on voit surgir toutes sortes d’individus qui se mêlent à des gens qui sont de bonne foi pour manifester, comme les lycéens, et ceci débouche sur des violences graves », a réagi dans la matinée sur BFMTV le ministre de l’Education, Jean-Michel Blanquer.

Plusieurs syndicats (FO, Sgen-CFDT) ou la fédération de parents d’élèves FCPE demandent au ministre d'« entendre » les revendications exprimées par les lycéens, qui appellent notamment à l’abandon des réformes du bac, de la voie professionnelle ou de l’accès à l’université.