Marseille: Le conseil municipal reporté, l'opposition dénonce un «hold-up démocratique»

POLITIQUE Jean-Claude Gaudin, le maire de Marseille, a annoncé le report du conseil municipal de ce lundi par crainte de tensions…

Adrien Max

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Jean-Claude Gaudin et son adjointe au logement, Arlette Fructus lors d'une conférence de presse après le drame de la rue d'Aubagne.
Jean-Claude Gaudin et son adjointe au logement, Arlette Fructus lors d'une conférence de presse après le drame de la rue d'Aubagne. — GERARD JULIEN / AFP
  • Jean-Claude Gaudin, maire de Marseille, a annoncé ce dimanche le report du conseil municipal.
  • Le collectif du 5 novembre : Noailles en colère maintient néanmoins ses actions prévues lundi.
  • L’opposition regrette cette décision et parle d’un « hold-up » démocratique.

Il s’annonçait tendu, il n’aura finalement pas lieu. Ou tout du moins, pas de suite. Jean-Claude Gaudin (LR), le maire de Marseille, a annoncé ce dimanche matin par communiqué le report du dernier conseil municipal de l’année, prévu ce lundi.

« Compte tenu des débordements qu’ont connus les manifestations de ces derniers jours et [samedi] encore à Paris comme dans l’ensemble du pays, j’ai informé M. le Préfet de Région, Pierre Dartout, de ma décision de renvoyer le Conseil municipal prévu ce lundi 10 décembre », a-t-il justifié.

Plusieurs manifestations

Si le maire évoque le contexte national, plusieurs manifestations prévues en marge de cette réunion faisaient déjà craindre des tensions. La mairie avait notamment interdit toute circulation et stationnement aux abords de l’hôtel de ville. Yves Moraine avait annoncé, jeudi, la mise en place de mesures spéciales : « Il y a eu des rencontres entre la préfecture et la mairie afin d’évoquer les mesures de sécurité ».

Malgré ce report, les actions du collectif du 5 novembre : Noailles en colère, né à la suite du drame de la rue d’Aubagne, sont maintenues. « Nous appelons l’ensemble des Marseillais·es à se mobiliser dans le calme comme prévu, demain dès 8h devant la mairie. Nous appelons la préfecture à reprendre en main cette situation catastrophique », ont annoncé ses responsables via un communiqué.

Ils regrettent que « cette décision révèle une nouvelle fois que la panique s’est emparée de la majorité municipale et que celle-ci continue de mépriser les revendications légitimes des marseillais·es pour le logement et le droit à la ville ».

« Peur des Marseillais »

Pour Benoit Payan (PS), chef de l’opposition à la mairie, la majorité a « tort d’avoir peur des Marseillais ». « La mairie organise une fausse confrontation entre élus et manifestants alors qu’il ne s’agit pas de casseurs. Il s’agit simplement de gens en colère. Je demande à la mairie de les recevoir dès demain, sans quoi la situation ne ferait qu’empirer », prévient-il.

Samia Ghali (PS), ancienne maire de secteur, dénonce elle aussi le choix du maire. « Jean-Claude Gaudin et son équipe font un hold-up démocratique en supprimant le conseil de [lundi]. Empêcher les débats de se tenir, la population de manifester, prouvent à quel point rien ne les intéresse plus que leur image et la confiscation du pouvoir », écrit la sénatrice.

Aucune date de report n’a pour l’instant été annoncée, même si Jean Claude Gaudin espère « fixer une nouvelle date permettant de reprogrammer ce conseil municipal avant la fin de l’année, sitôt que toutes les conditions de sécurité et de sérénité seront réunies ». Pour Benoit Payan, ce temps « doit profiter au maire pour apaiser la situation ». Mais selon lui, si la réunion ne devait se tenir rapidement, cela poserait un « problème démocratique ».