Lyon: L'impression 3D au service de la santé, quelles innovations pour les patients?

SANTE Une plateforme d’impression en 3D de dispositifs médicaux pour la recherche vient d’être créée à Villeurbanne, près de Lyon. Plusieurs projets sont déjà bien avancés…

Elisa Frisullo

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Villeurbanne, le 6 décembre 2018. Une prothèse 3D en titane a été créée à Lyon pour permettre de reconstruire les orbites osseuses en chirurgie maxillo-faciale.
Villeurbanne, le 6 décembre 2018. Une prothèse 3D en titane a été créée à Lyon pour permettre de reconstruire les orbites osseuses en chirurgie maxillo-faciale. — E. Frisullo / 20 Minutes
  • Une plateforme d’impression en 3D de dispositifs médicaux pour la recherche réunit désormais des scientifiques de Lyon I et des médecins des HCL sur le campus LyonTech-La Doua.
  • Parmi les études déjà bien avancées, l’impression de prothèses 3D pour la reconstruction orbitaire a déjà bénéficié à une quinzaine de patients.

Dans les laboratoires de la plateforme innovante 3d. FAB, basée sur le campus LyonTech-La Doua, à Villeurbanne, les imprimantes 3D tournent à plein régime. Depuis sa création en 2016 au sein de l’université Lyon I, cette unité fabrique des prothèses, de la peau, du cartilage ou encore des os en 3D. Des innovations technologiques majeures qui pourraient, à l’avenir, bénéficier à un plus grand nombre de patients.

C’est en tout cas dans cette optique que les Hospices civils de Lyon viennent de se rapprocher des scientifiques de Lyon I pour créer une plateforme commune d’impression en 3D de dispositifs médicaux pour la recherche. « L’objectif est de transformer, grâce à des études cliniques, des innovations technologiques issues de l’impression 3D en innovations cliniques, dont le plus grand nombre de patients pourront bénéficier », souligne Julien Koehler, ingénieur au sein de la cellule Innovation des HCL.

Une plateforme d'impression en 3D de dispositifs médicaux a été créée à Villeurbanne par les Hospices civils de Lyon et l'université Lyon-1. Des tissus, os, cartilages peuvent y être fabriqués.
Une plateforme d'impression en 3D de dispositifs médicaux a été créée à Villeurbanne par les Hospices civils de Lyon et l'université Lyon-1. Des tissus, os, cartilages peuvent y être fabriqués. - E. Frisullo / 20 Minutes

Une prothèse 3D en titane pour la reconstruction orbitaire

Parmi les projets en cours, l’impression de prothèses 3D pour la reconstruction orbitaire a déjà bénéficié à une quinzaine de patients des Hospices civils de Lyon. La technologie a reçu une autorisation de mise sur le marché. Mais plusieurs étapes sont encore nécessaires pour que ces dispositifs médicaux puissent un jour être remboursés par l’assurance maladie.

Dans cet objectif, Jean Thomas Bachelet, chirurgien maxillo-facial, mène en lien avec la nouvelle plateforme un programme de recherche en médico-économie. « L’idée est de démontrer qu’avec cette prothèse en 3D, dont le coût global est de 2.500 euros, on fera au final des économies en investissant plus au départ qu’avec une greffe classique », détaille le chirurgien.

Moins de risques pour le patient

Aujourd’hui, pour reconstruire les orbites osseuses, après une fracture grave, le patient se voit auto greffer un os du crâne. La prothèse 3D en titane permet, selon le chirurgien, une reconstruction de meilleure qualité et offre une récupération plus rapide aux patients. « Cette prothèse permet de réduire le temps opératoire, les zones opérées, les cicatrices. Il y a moins de risques pour le patient et de meilleurs résultats esthétiques », ajoute le Dr Bachelet.

Par rapport à la greffe d’os, la prothèse s’adapte mieux au plancher orbital et nécessite un temps d’hospitalisation très réduit et des séances de rééducation plus courtes. « Les patients reprennent le travail plus rapidement », souligne le chirurgien, qui va diriger dès 2019 une étude nationale sur 120 patients. Des travaux d’une durée de trois à quatre ans, financés par le ministère de la Santé à hauteur de 800.000 euros, et destinés à démontrer l’efficacité de la prothèse 3D. Et l’intérêt d’en faire profiter un plus grand nombre.

A Lyon, L’impression 3D a permis, au sein de la plateforme, la reconstruction d’un thorax de nourrisson, composée de poumons, de cotes, de la trachée et des de vaisseaux sanguins.
A Lyon, L’impression 3D a permis, au sein de la plateforme, la reconstruction d’un thorax de nourrisson, composée de poumons, de cotes, de la trachée et des de vaisseaux sanguins. - E. Frisullo / 20 Minutes

D’autres travaux sont en cours, à un stade moins avancé. Une étude clinique devrait débuter en 2020 sur des bébés atteints de malformations ou de cancers. L’impression 3D a permis, au sein de la plateforme lyonnaise, la reconstruction d’un thorax de nourrisson, composée de poumons, de cotes, de la trachée et des vaisseaux sanguins. Les chirurgiens peuvent ainsi s’entraîner sur ce dispositif avant l’intervention afin de mieux anticiper les difficultés. Une fois entraînés, les médecins peuvent espérer réduire le temps d’opération du bébé et limiter ainsi la douleur et les potentielles séquelles.

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