Blocages de lycées: Jean-Michel Blanquer tente de raisonner les lycéens... et suscite quelques crispations

EDUCATION Alors que des lycées sont encore bloqués ce jeudi, le ministre de l'Education communique tous azimuts...

Delphine Bancaud

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Un lycéen à Pau interpellé par les forces de l'ordre lors d'une manifestation. Credit:QUENTIN TOP/SIPA/
Un lycéen à Pau interpellé par les forces de l'ordre lors d'une manifestation. Credit:QUENTIN TOP/SIPA/ — SIPA
  • Il serait risqué politiquement pour Jean-Michel Blanquer de faire la sourde oreille face au mouvement des lycéens ou de ne pas veiller à leur sécurité.
  • D’où ses communications multiples ces derniers jours.
  • Mais certains de ses propos ont heurté certains élèves, parents, CPE…

Pas question pour Jean-Michel Blanquer d’ignorer les mouvements de protestation dans les lycées au risque d’être taxé de mépriser les lycéens ou de ne pas veiller à leur sécurité. D’autant que la situation est encore tendue ce jeudi dans plusieurs lycées en France.

En milieu de matinée, la situation était notamment explosive à la Courneuve (Seine-Saint-Denis) : devant le lycée Denis-Papin, une trentaine de jeunes cagoulés ont jeté des cocktails Molotov et des bouteilles en verre et incendié une voiture, selon la police. Par ailleurs, quelque 300 manifestants ont participé à une marche à Toulouse au cours de laquelle les forces de l’ordre ont essuyé des « tirs de projectiles », selon la préfecture. Des poubelles ont également été incendiées et du mobilier urbain a été dégradé, a-t-elle ajouté.

« Je demande à chacun de ne pas se mêler à des désordres »

Le ministre de l’Education n’a donc pas été avare en communications ces derniers jours sur le sujet, multipliant les interventions en radio, à la télévision, dans la presse écrite et sur les réseaux sociaux. Exemple avec cette vidéo postée sur les réseaux sociaux mercredi soir dans laquelle Jean-Michel Blanquer se montre assez directif avec les lycéens, mais aussi avec leurs parents : « Je demande à chacun de ne pas se mêler à des désordres qui ont leurs sources en dehors de l’Education nationale et qui sont dangereux ».

Un ton un peu autoritaire qui a suscité quelques railleries sur Twitter et qui a même excédé certains parents, à l’instar de Julie, mère d’une adolescente de 16 ans, contactée par 20 Minutes : « Je suis une mauvaise mère, je laisse ma fille bloquer son lycée de manière pacifiste, en accord avec son établissement. Je laisse la jeunesse s’exprimer, certes en la responsabilisant, et la mettant en garde, mais je la laisse faire sans culpabiliser. Et même si j’ai un peu peur des affrontements, non, je ne lui fais pas "courir un danger grave" comme nous l’écrit aujourd’hui Jean-Michel Blanquer ».

Difficile de trouver le juste ton

Pour tenter de ramener le calme dans les établissements, le ministre a aussi envoyé un courrier aux CPE pour leur demander de coopérer. Mais force est de constater qu’il n’a pas été très bien reçu par tous les intéressés.

Enfin, certains propos de Jean-Michel Blanquer sur franceinfo ont également été mal perçus, notamment lorsqu’il a évoqué « quatre lycéens qui se sont blessés grièvement » lors des manifestations. Une phrase qui laisserait penser que les élèves se blessent eux-mêmes, selon certains commentateurs. « On fait face à une répression policière comme on a rarement vu », lui a répondu indirectement Louis Boyard, le président de l’UNL sur BFMTV. « On a des blocus débloqués à coups de lacrymo », a-t-il poursuivi. Un dialogue difficile entre les deux parties pour l'instant.