Violences sexuelles: Le nombre de victimes a bondi de 53% en 2017

BILAN Selon l’Obervatoire, cette augmentation est en partie liée à la libération de la parole des femmes…

20 Minutes avec AFP

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Des femmes marchent contre les violences sexistes et sexuelles à Paris, le 24 novembre 2018.
Des femmes marchent contre les violences sexistes et sexuelles à Paris, le 24 novembre 2018. — AFP

Le nombre de personnes s’estimant victimes de violences sexuelles en France a bondi en 2017 dans le sillage du mouvement de libération de la parole des femmes, selon une vaste enquête statistique rendue publique ce jeudi.

L’étude de l’Observatoire national de la délinquance et des réponses pénales (ONDRP) et de l’Insee révèle une « forte augmentation », de 173.000 en 2016 à 265.000 en 2017, du nombre de personnes estimant avoir été victimes de ces violences « hors ménage », c’est-à-dire commises par un tiers n’habitant avec elles. Dans cette douzième enquête annuelle de « victimation » et de perception de la sécurité, 93.000 victimes disent avoir subi un viol ou une tentative de viol, contre 58.000 en 2016.

Une rupture dans les statistiques pour violences

L’enquête vise à nuancer les chiffres officiels de la police et de la gendarmerie. A titre d’illustration, selon les statistiques du ministère de l’Intérieur, les plaintes pour viols et agressions sexuelles ont respectivement augmenté en 2017 de 12 % (16.400) et 10 % par rapport à 2016 (24.000) mais sont loin d’atteindre les chiffres et la tendance mis en lumière par l’enquête.

L’ONDRP et l’Institut national de la statistique appellent cependant à prendre ces chiffres « avec précaution ». La reformulation des questions concernant les « violences sexuelles » a ainsi pu accroître le nombre de déclarations et provoquer une rupture « technique » dans la série statistique recueillie au fil des années.

Surtout, le « contexte de libération de la parole autour des violences sexuelles peu avant la collecte des données lié à l’affaire "Weinstein" et au mouvement MeToo » a pu provoquer une « prise de conscience par les personnes interrogées de leur statut de victime, de la représentation de ce qu’est une violence sexuelle, et par là même amener une plus forte déclaration des personnes victimes », explique l’ONDRP.